La structure Kanisso Teinture a organisé, dimanche 1er novembre 2026, au camp Soundjata Keïta de Kankan, une cérémonie de remise des attestations à neuf femmes bénéficiaires de sa formation en teinture traditionnelle. Une initiative portée par Marie-Jeanne Kanisso Camara, qui ambitionne de contribuer à l’autonomisation économique des femmes, à l’insertion professionnelle des jeunes et à la valorisation du patrimoine textile guinéen.
Cependant, faute de moyens matériels et financiers suffisants, la promotrice lance un appel aux partenaires techniques et financiers pour élargir ses activités. Après deux années d’apprentissage, les neuf bénéficiaires ont officiellement reçu leurs attestations au cours d’une cérémonie marquée par la présence de plusieurs personnalités et acteurs du secteur artisanal.
À travers cette initiative, Kanisso Teinture entend démontrer que les métiers artisanaux constituent une véritable opportunité d’apprentissage, d’insertion socioéconomique et de création d’activités génératrices de revenus.
La présidente des femmes militaires et paramilitaires, Mariame Condé, a salué cette initiative qui contribue à la promotion du savoir-faire local et à l’autonomisation des femmes.

De son côté, le président régional de la Fédération guinéenne des professionnels du textile à Kankan, Maître Mosé, accompagné de sa délégation, a réaffirmé son engagement à soutenir les initiatives de Kanisso Teinture visant à promouvoir le textile guinéen et à préserver les techniques traditionnelles.La directrice du Centre d’autonomisation et d’entrepreneuriat des femmes (CAEF) de Kankan a également pris part à la cérémonie. Elle s’est réjouie de voir neuf femmes arriver au terme de leur parcours de formation et recevoir leurs attestations.
Pour les bénéficiaires, cette formation représente une opportunité d’acquérir des compétences pratiques susceptibles de leur ouvrir de nouvelles perspectives économiques.Elles ont exprimé leur reconnaissance à la formatrice, Marie-Jeanne Kanisso Camara, pour avoir partagé gratuitement ses connaissances et son savoir-faire. Elles ont également exprimé leur volonté de mettre en pratique les compétences acquises et de les transmettre à leur tour au sein de leurs familles et de leurs communautés.

Au-delà de cette première promotion, la promotrice souhaite multiplier les sessions de formation afin de permettre à davantage de femmes et de jeunes d’accéder à un métier.
À l’origine de cette initiative, Marie-Jeanne Kanisso Camara nourrit une ambition qui dépasse la simple transmission des techniques de teinture. Elle souhaite contribuer à l’indépendance financière des femmes et offrir aux jeunes une alternative professionnelle à travers l’apprentissage des métiers artisanaux.
« Mon rêve, c’est de voir toutes les femmes être autonomes et capables d’aider leurs maris dans la prise en charge de la famille. Mais aussi former les jeunes filles guinéennes et les jeunes garçons pour la promotion de notre textile », explique-t-elle.
Toutefois, cette ambition se heurte à des difficultés financières et matérielles. Malgré sa volonté de poursuivre les formations gratuitement, la promotrice ne dispose pas des ressources nécessaires pour accueillir un nombre plus important de bénéficiaires.

« Je veux former encore plusieurs autres femmes, mais mes moyens sont limités. J’ai besoin d’accompagnement, surtout en matériels de travail et en produits. Je demande aux personnes de bonne volonté et aux autorités de nous venir en aide pour mieux former la jeunesse. Ne pas avoir eu la chance de faire l’école ne signifie pas que tout est fini. Il y a aussi les métiers. Moi, je n’ai pas eu la chance de faire l’école, mais aujourd’hui, je peux former des femmes sans problème », souligne-t-elle.

Pour donner une nouvelle dimension à cette initiative, Kanisso Teinture recherche des partenaires capables de l’accompagner techniquement, matériellement et financièrement. Les besoins exprimés concernent notamment l’acquisition d’équipements de travail, de bassines, de marmites, de tissus, de colorants et de produits nécessaires à la teinture.
La structure souhaite également bénéficier d’un accompagnement pour renforcer ses capacités de formation, accueillir de nouvelles apprenantes et développer des activités de production et de commercialisation des créations textiles.

Un soutien financier permettrait notamment de maintenir la gratuité des formations pour les femmes issues de milieux défavorisés, d’augmenter le nombre de bénéficiaires et de favoriser la création de petites activités génératrices de revenus.
Les ONG nationales et internationales, les fondations, les entreprises privées, les institutions publiques, les organisations féminines ainsi que les personnes de bonne volonté sont ainsi invitées à s’intéresser à cette initiative et à envisager des partenariats durables avec sa promotrice.

L’enjeu est de transformer une initiative locale, déjà porteuse de résultats, en un véritable cadre de formation professionnelle et d’entrepreneuriat artisanal au service des femmes et des jeunes de Kankan et, à terme, d’autres localités de la Guinée.
Il convient de rappeler que les stands présentant les réalisations des bénéficiaires ont été visités par des autorités militaires, administratives et locales à l’issue des activités organisées le 1er novembre 2026, à l’occasion de la célébration du 68e anniversaire de la création de l’armée guinéenne.

À travers cette première promotion, Kanisso Teinture lance ainsi un message aux partenaires : investir dans la transmission des savoir-faire artisanaux, c’est aussi investir dans l’autonomie économique des femmes, l’avenir des jeunes et la préservation de l’identité culturelle guinéenne.
Tögnon Bangoura pour www.gbaikandjamana.org




