La décision de l’État guinéen d’interdire l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri continue de susciter des réactions au sein des acteurs de la société civile. La Société civile MAOG de Doko, par la voix de son coordinateur préfectoral, Fodé Nakon Keita, apporte son soutien à cette mesure, tout en appelant les autorités à prendre en compte les conséquences socioéconomiques sur les populations vivant de l’orpaillage.
Dans une déclaration faisant suite au communiqué conjoint du 2 novembre 2026, signé par plusieurs départements ministériels, la Société civile MAOG de Doko salue une décision qu’elle qualifie de courageuse, responsable et nécessaire à la protection de l’environnement et des ressources naturelles du pays.
Pour cette organisation, l’exploitation anarchique de l’or, notamment avec l’utilisation incontrôlée d’engins lourds, de produits chimiques dangereux et l’occupation des cours d’eau, constitue une menace sérieuse pour l’écosystème, les terres agricoles, les ressources hydriques ainsi que la santé des populations.
Toutefois, derrière cette mesure environnementale, la société civile attire l’attention sur les difficultés économiques auxquelles pourraient être confrontées de nombreuses familles.
« Protéger l’environnement ne doit pas signifier abandonner les populations à leurs difficultés économiques », souligne Fodé Nakon Keita, qui rappelle que l’orpaillage représente depuis plusieurs décennies une importante source de revenus pour des milliers de personnes, particulièrement les jeunes.
Selon lui, une cessation totale et immédiate des activités aurifères, sans mesures d’accompagnement social et économique, pourrait accentuer le chômage, la pauvreté et les tensions communautaires, avec des risques supplémentaires pour la sécurité des populations.
Deux principales propositions formulées aux autorités
Dans sa déclaration, la Société civile MAOG de Doko formule deux propositions à l’endroit des autorités.
La première consiste à établir une distinction entre l’exploitation anarchique, caractérisée par des pratiques destructrices, et l’orpaillage artisanal responsable, exercé dans des zones autorisées et conformément aux normes environnementales.
La deuxième porte sur la mise en place de zones d’orpaillage artisanal réglementées, avec un encadrement technique, des conditions d’accès clairement définies et des mécanismes de contrôle rigoureux.
À travers ces propositions, l’organisation souhaite promouvoir une approche qui concilie la protection de l’environnement et la préservation des moyens de subsistance des communautés.
Un appel à la responsabilité collective
La Société civile MAOG de Doko appelle également les populations, les exploitants miniers, les autorités locales et les organisations de la société civile à faire preuve de civisme, de responsabilité et de solidarité dans l’application de cette décision.
Elle réaffirme par ailleurs sa disponibilité à accompagner les autorités à travers des actions de sensibilisation, de médiation, de veille citoyenne et de recherche de solutions durables.
Pour Fodé Nakon Keita, cette décision doit être une véritable opportunité de transformation économique, sociale et environnementale pour la région de Siguiri.
En définitive, la Société civile MAOG de Doko défend une gouvernance minière responsable, transparente et équitable, dans laquelle la protection de la nature, la justice sociale et le développement durable avancent de manière complémentaire.
Protéger la nature, préserver les vies et garantir les moyens de subsistance : un défi collectif pour l’avenir de Siguiri.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.gbaikandjamna.org




