À la suite des réactions de ressortissants guinéens vivant en Europe sur les réseaux sociaux concernant la signature d’un accord portant sur le rapatriement de Guinéens établis en Allemagne et dans d’autres pays européens, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger a apporté des éclaircissements.
Ce jeudi 26 février 2025, devant la presse au siège de son département, Morissanda Kouyaté a tenu à préciser le contexte de cet accord.
Un accord hérité de l’ancien régime
Selon le chef de la diplomatie guinéenne, cet accord n’a pas été initié par les autorités actuelles. Il aurait été signé sous l’ancien régime du professeur Alpha Condé.
Le ministre a indiqué que la Guinée entend revoir les accords précédemment conclus afin de parvenir à un meilleur compromis en faveur de ses ressortissants établis à l’étranger.
L’objectif, a-t-il souligné, demeure la protection, la dignité et la stabilisation des Guinéens vivant hors du territoire national.
Dans une déclaration marquée par l’émotion, le chef de la diplomatie est également revenu sur les critiques liées à la présence de sa famille à l’étranger :
« Je viens de la diaspora, j’ai fait 20 ans à l’extérieur. Ceux qui viennent de naître et qui disent : il a envoyé ses enfants à l’extérieur… moi, ma famille a fui d’ici. J’ai fait partir ma famille. On l’a placée aux États-Unis quand j’étais dans le feu de l’action ici.
Lorsqu’on me maudissait, ici à la Grande Mosquée, parce que j’ai entrepris de défendre les femmes et les filles contre l’excision. On me maudissait dans toutes les mosquées parce que je défendais les femmes. On menaçait mes enfants. Je ne voulais pas être responsable de cela.
J’ai placé ma famille à l’abri parce que c’est moi qui lutte. Et je l’ai fait il y a 30 ans. Nous avons fui une menace. »
À travers ces propos, le ministre a expliqué que son engagement en faveur des droits des femmes lui avait valu des menaces, justifiant ainsi la mise à l’abri de sa famille à l’étranger.
Malgré ces précisions, plusieurs questions demeurent :
L’accord sera-t-il maintenu, renégocié ou annulé ?
Quelles garanties seront offertes aux ressortissants guinéens concernés par un éventuel rapatriement ?
Quel mécanisme d’accompagnement sera mis en place pour faciliter leur réinsertion en Guinée ?
Un dossier sensible qui continue de susciter de vives réactions au sein de la diaspora guinéenne.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 pour www.gbaikandjamana.org
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