Quelques jours après son concert au Zénith de Paris, le 11 septembre 2026, l’artiste guinéen Ans-T Crazy revient sur les difficultés rencontrées dans la préparation de cet événement et pointe l’absence, selon lui, d’un accompagnement direct du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

Invité ce mardi 22 septembre 2026 dans l’émission Telero de Kaback TV, l’artiste a expliqué avoir sollicité le département dirigé par Moussa Moïse Sylla avant son spectacle. Il affirme toutefois n’avoir bénéficié d’aucun accompagnement direct du ministre pour ce concert.
« Nous sommes partis voir le ministre de la Culture Moussa Moïse Sylla au ministère avec les colas pour lui présenter notre projet de Zénith. Ce jour-là, je lui ai dit que c’était l’un des meilleurs ministres. Mais jusqu’à là où je suis, je n’ai pas reçu l’appel du ministre », a déclaré Ans-T Crazy.

L’artiste précise qu’il ne remet pas en cause les qualités du ministre, mais déplore l’absence de soutien personnel ou institutionnel autour de son concert.
« Je ne dis pas qu’il n’est pas un bon ministre. Il est un bon ministre, mais il n’a rien fait », a-t-il poursuivi, avant de distinguer le rôle du ministère de celui du Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC).

Selon Ans-T Crazy, c’est principalement le FODAC, dirigé par Malick Kébé, qui l’a accompagné dans la concrétisation de son projet.
« Dans cet événement, c’est seulement le FODAC qui m’a accompagné, pas le ministère de la Culture. Le ministre, son simple appel peut faire beaucoup d’ouvertures, mais par contre je n’ai rien reçu de lui », a-t-il expliqué.
L’artiste affirme également que Malick Kébé et son équipe l’ont accompagné dans plusieurs démarches, notamment celles liées à l’obtention des visas pour son équipe.
Cette déclaration intervient alors qu’Ans-T Crazy avait déjà été reçu par Moussa Moïse Sylla le 15 mai 2025. Lors de cette audience, l’artiste avait présenté ses ambitions internationales et sollicité l’accompagnement du ministère. Selon le compte rendu publié par le ministère, Moussa Moïse Sylla avait alors encouragé une meilleure coordination entre les équipes artistiques et son département afin de faciliter un soutien concret, notamment sur les plans logistique, technique ou institutionnel.
Mais pour le concert du Zénith de Paris, l’artiste fait aujourd’hui une distinction entre cet accompagnement du FODAC et ce qu’il attendait directement du ministère.
« Si c’est le FODAC qui fait tout ce que le ministère doit faire, alors enlevez le ministère », a-t-il lancé, tout en précisant qu’il ne s’était pas rendu au ministère dans l’objectif d’obtenir nécessairement de l’argent.
« Nous sommes partis dans les ministères pour la présentation du projet et l’information de l’événement. Nous ne sommes pas partis pour l’argent, mais pour le soutien. Le soutien, peut-être pas l’argent », a-t-il insisté.
Au-delà de la question de l’accompagnement institutionnel, Ans-T Crazy est également revenu sur la pression financière liée à l’organisation du spectacle.
Selon lui, la location de la salle représentait un coût d’environ 67 000 euros, alors que son équipe devait parallèlement assurer la mobilisation du public et la vente des billets.
« Nous avions beaucoup de pression avec cet événement parce que là-bas, si tu ne vends pas de tickets, on peut annuler ton événement », a-t-il expliqué.
L’artiste souligne également les difficultés particulières auxquelles sont confrontés les artistes urbains dans la recherche de soutiens financiers et de mécènes.
« Nous, les artistes urbains, on n’a pas les “Djatigui”, celui qui prend en charge les griots, parce que nous, on ne fait pas l’éloge des gens. C’est pourquoi c’était encore plus chaud pour moi », a-t-il expliqué.
Malgré ces difficultés, Ans-T Crazy affirme avoir porté le projet avec son équipe Wak Boss Music, avec le soutien de plusieurs personnes qui ont contribué à la réalisation du spectacle.
L’artiste tient ainsi à remercier publiquement Malick Kébé et le FODAC pour leur implication dans son parcours vers le Zénith, tout en maintenant sa critique à l’égard de l’absence, selon lui, d’un accompagnement direct du ministère lors de cet événement.
Il rappelle notamment que les organisateurs avaient été invités à faire apparaître les logos du FODAC et du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat sur les supports de communication.
« Dans mes posts, je remercie Malick Kébé, mais pas le ministère quand même », a-t-il déclaré.
Ces propos relancent ainsi la question de la place respective du ministère de la Culture et de ses structures opérationnelles dans l’accompagnement des artistes guinéens qui se produisent sur les grandes scènes internationales.
Le ministère n’a, à ce stade, pas encore apporté de réaction publique aux déclarations de l’artiste concernant l’accompagnement de son concert du Zénith de Paris.

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