Le Tribunal de première instance de Siguiri a examiné, au cours des audiences criminelles en cours, le dossier impliquant Mamadi Camara, alias « Major », né en 2000 à Kankan, orpailleur et animateur résidant à Diatela.
Célibataire, sans enfants et au casier judiciaire vierge, l’accusé est poursuivi pour des faits de coups, blessures et violences ayant entraîné la mort de Koumba Kamano, présentée comme sa compagne, qu’il considérait comme son épouse.
Selon l’acte d’accusation, les faits remontent au 6 septembre 2024 à Diatela, relevant de la commune urbaine de Siguiri.
À la barre, Mamadi Camara a livré sa version des événements. Il explique qu’au moment des faits, il devait se rendre à Sèkè Kignèbakoura pour une animation auprès des chasseurs et avait sollicité un taxi-motard pour l’y accompagner.
Pendant qu’il faisait un achat au marché, sa compagne aurait dissuadé le conducteur de poursuivre le trajet, évoquant un prétendu danger lié à une fête de « gris-gris ». Effrayé, le motard serait reparti, refusant finalement de l’accompagner.
L’accusé affirme avoir alors demandé des explications à Koumba Kamano avant de lui demander de quitter sa hutte de campement. Selon lui, la jeune femme serait partie s’installer dans une autre hutte située non loin.
Il soutient également qu’elle revenait régulièrement rôder autour de son habitation, soulevant parfois la bâche, jusqu’au jour où il l’aurait surprise et lui aurait demandé de ne plus revenir.
Mamadi Camara reconnaît qu’une altercation physique a eu lieu entre eux une nuit.
« Elle m’a bousculé et j’ai répliqué, puis on s’est séparés », a-t-il déclaré, affirmant toutefois ne pas l’avoir frappée au visage ni provoqué une chute sur la tête. Il admet uniquement l’avoir poussée.
Le lendemain matin, poursuit-il, Koumba Kamano serait revenue lui demander de l’accompagner à l’hôpital pour des soins, ce qu’il dit avoir refusé par colère et faute de moyens financiers.
Il explique également que, face à son refus, des jeunes seraient venus le frapper jusqu’à lui faire perdre connaissance, avant qu’il ne soit conduit à l’hôpital puis à la gendarmerie.
L’accusé affirme avoir appris le décès de la victime seulement à la brigade de recherches.
« Je ne reconnais pas avoir causé les blessures visibles sur les photos du corps », a-t-il soutenu, tout en évoquant une relation sentimentale forte avec la défunte, rencontrée à Toka, avec laquelle il affirme avoir eu une grossesse.
À la barre, Saa Tamba Kamano, présenté comme philosophe et proche parent de la victime, a déclaré que Koumba Kamano était sa cousine. Informé par un proche résidant à Batê Nafadji, il s’est rendu sur les lieux à Siguiri où il dit avoir constaté les faits après le passage des autorités.
Selon les informations recueillies sur place, il affirme que la victime aurait été « cruellement frappée à l’aide d’un bâton et de cailloux ». Il a néanmoins sollicité la clémence du tribunal.
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé que Mamadi Camara soit reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle.
La défense, pour sa part, a rappelé que l’accusé est détenu depuis le 10 mars 2025, soulignant ses regrets exprimés dès le début de la procédure et son jeune âge.
Les avocats ont plaidé la prise en compte de sa situation personnelle, estimant qu’une décision mesurée pourrait favoriser sa réinsertion et en faire « un exemple pour la société ».
Après les débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au lundi 2 mars 2026 pour le prononcé de la décision.
Entre accusations graves, dénégations de l’accusé et attentes des proches de la victime, l’issue judiciaire de ce dossier reste suspendue à la décision du tribunal, qui devra établir les responsabilités exactes dans des circonstances encore débattues à l’audience.

Alseny Philip Denkè Condé et Jeannette Jacky Traoré pour le www.Gbaikandjamana.org
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