À Conakry et dans plusieurs localités périphériques, elles sont nombreuses à exercer le métier de fumage de poisson sur les différents débarcadères.

Une activité essentielle pour la survie de nombreuses familles, mais qui se pratique dans des conditions particulièrement éprouvantes.
Malgré les difficultés, ces femmes continuent de se battre au quotidien pour assurer dignement la subsistance de leurs foyers, avec des revenus souvent très faibles face aux efforts fournis.
Notre reporter est allé à la rencontre de ces braves dames qui, entre fumée suffocante, fatigue physique et risques pour la santé, s’accrochent à cette activité faute de mieux.
Au micro de notre reporter, Fatoumata Sylla témoigne avec émotion :« Lorsqu’on reçoit les poissons, on les lave et on les expose au soleil. S’il n’y a pas de soleil, on passe directement au fumage. Mais nous souffrons énormément avec la fumée. Parfois, cela nous donne des céphalées. On est obligées de prendre des comprimés », a-t-elle confié.
Poursuivant son témoignage, elle explique que malgré la pénibilité du travail, cette activité reste la principale source de revenus de nombreuses femmes :
« C’est à travers cette activité que nous nourrissons nos familles. Quand tu gagnes 100 000 francs, tu peux épargner 25 000 et dépenser les 75 000 francs restants », souligne-t-elle.
Une autre femme rencontrée non loin de là évoque, elle aussi, les conséquences sanitaires liées à cette activité :
« Une fois, j’ai eu des problèmes de vision à cause de la fumée. J’ai dû acheter un produit d’urgence à la pharmacie pour calmer la situation, parce que j’ai une famille à nourrir », a-t-elle fait savoir.
Derrière le poisson fumé vendu sur les marchés de la capitale se cache ainsi une réalité souvent ignorée : celle de femmes courageuses, exposées chaque jour à des conditions difficiles, qui sacrifient leur santé pour nourrir leurs familles.
Un métier de survie, certes, mais qui appelle aujourd’hui plus d’attention, d’accompagnement et de meilleures conditions de travail pour celles qui en dépendent.

Amadou Djogo pour Gbaikandiamana.org



