Lebemerai, un secteur de Kiriyah relevant de la sous-préfecture de Wonkifong, situé à une quinzaine de kilomètres de la commune urbaine de Coyah, fait face à un manque criant d’infrastructures de base. Entre routes dégradées, école en manque d’enseignants, structure sanitaire délabrée et difficultés d’accès au réseau téléphonique, les habitants lancent un appel pressant aux autorités.

Derrière son potentiel agricole se cache une réalité préoccupante. À Lebemerai, les populations vivent au quotidien avec des difficultés qui freinent le développement de leur localité. Malgré leur engagement dans les activités agricoles, notamment la culture du riz, le maraîchage et la production d’huile rouge, les habitants peinent à bénéficier des infrastructures indispensables à leur épanouissement.
Lors d’un récent séjour dans cette localité, la rédaction de Gbaikandjamana.org s’est intéressée aux conditions de vie des populations et aux principaux défis auxquels elles sont confrontées.

Karamoko Soumah, secrétaire général du chef de secteur de Lebemerai, a dressé un tableau préoccupant de la situation, tout en invitant les autorités compétentes à agir pour améliorer les conditions de vie des habitants.
Selon lui, Lebemerai est un village fondé en 1906, d’après les recherches menées par Sanké Bourema Bangoura. Sa population est majoritairement composée de Soussous, avec également la présence de Peulhs. L’agriculture constitue la principale activité économique, complétée par le maraîchage et, dans une moindre mesure, l’élevage.
Sur le plan éducatif, la situation est particulièrement alarmante. L’établissement scolaire de la localité, qui compte quatre salles de classe, ne dispose que d’un seul encadreur pour assurer la prise en charge des élèves.
« Si nous prenons le côté enseignement, c’est catastrophique. Vous imaginez une école de quatre salles qui est tenue par un seul encadreur ? Les enseignants contractuels sont partis depuis, puisqu’il n’y a aucune suite les concernant », déplore Karamoko Soumah.

Cette insuffisance d’enseignants constitue un obstacle majeur à la scolarisation des enfants. Selon cette autorité locale, plusieurs d’entre eux ne fréquentent pas l’école faute de personnel enseignant suffisant.
Les difficultés ne se limitent pas au secteur de l’éducation. La structure sanitaire de Lebemerai suscite également de vives inquiétudes.
D’après Karamoko Soumah, le bâtiment ne répond pas aux normes requises, tandis que sa toiture est fortement endommagée.
« Sur le plan sanitaire, là-bas aussi, c’est une autre histoire. L’hôpital que nous avons ne répond pas aux normes. La toiture est complètement décoiffée. Cela constitue également un souci pour les habitants », explique-t-il.
Dans ces conditions, l’amélioration des infrastructures sanitaires apparaît comme une nécessité pour permettre aux populations d’accéder à des soins dans un environnement adapté.
Une route difficile d’accès et un réseau téléphonique presque inexistant
L’état de la route représente un autre problème majeur pour les habitants.
L’accès à Lebemerai relève d’un véritable parcours du combattant, une situation qui complique les déplacements des populations ainsi que l’acheminement des produits agricoles vers les grands centres urbains.
À ces difficultés s’ajoute l’insuffisance de la couverture téléphonique. Pour passer un simple appel, les habitants sont parfois obligés de parcourir de longues distances ou de grimper aux arbres afin de tenter de capter un signal.
« Le réseau téléphonique est un souci de toujours. Pour effectuer un appel, tu es obligé de faire une longue distance et de chercher partout ou, à défaut, de grimper sur un arbre. Et même cela, ce n’est pas rassurant », témoigne le responsable local.

Il affirme que plusieurs démarches ont été entreprises pour obtenir une meilleure couverture téléphonique, sans résultat jusqu’à présent.
« Nous avons mené beaucoup de démarches pour avoir un bon réseau, mais hélas, jusqu’à présent, sans succès », regrette-t-il.
Malgré ces difficultés, Lebemerai dispose d’atouts économiques importants. Le village produit notamment du riz, de l’huile rouge et d’autres denrées agricoles qui sont acheminées vers les grandes villes.
Pour Karamoko Soumah, ces activités témoignent de la capacité productive de la localité, mais le manque d’infrastructures empêche les habitants de tirer pleinement profit de leurs efforts.
« Pourtant, beaucoup de choses quittent ici vers les grandes villes, comme le riz, l’huile rouge et bien d’autres produits », souligne-t-il.
Face à cette situation, les habitants appellent les autorités administratives, les services techniques compétents et les partenaires au développement à accorder une attention particulière à leur localité.
L’amélioration de la route, le renforcement du personnel enseignant, la réhabilitation de la structure sanitaire et l’installation d’un réseau téléphonique fiable figurent parmi les principales attentes exprimées.
Pour les populations de Lebemerai, l’enjeu est désormais de transformer le potentiel agricole de leur secteur en véritable levier de développement local, afin de sortir de la précarité et d’offrir de meilleures perspectives aux générations présentes et futures.

Amadou Djogo, pour Gbaikandjamana.org




