Le déficit en personnel enseignant constitue l’un des principaux défis auxquels le système éducatif de la préfecture de Kankan est confronté en ce début d’année scolaire.

Pour assurer une meilleure couverture des besoins des établissements, la Direction préfectorale de l’Éducation (DPE) sollicite un renforcement urgent des effectifs. Au total, 736 enseignants supplémentaires seraient nécessaires, selon son directeur, Souleymane Daffé.
La rentrée scolaire 2026-2027, lancée le 5 octobre dernier sur l’ensemble du territoire national, intervient dans un contexte marqué par l’insuffisance du personnel enseignant dans plusieurs écoles de la préfecture. Les besoins concernent aussi bien l’enseignement élémentaire que le secondaire, avec une situation particulièrement préoccupante au primaire.
D’après les données communiquées par la DPE, le déficit se chiffre à 630 enseignants dans l’enseignement élémentaire et à 106 dans le secondaire.

Pour Souleymane Daffé, cette insuffisance résulte notamment de la progression des effectifs scolaires, des départs à la retraite et des décès enregistrés parmi les enseignants. Ces facteurs contribuent à creuser l’écart entre les besoins des établissements et les ressources humaines disponibles.
« Après l’engagement de 2024, il n’y a pas eu d’autre recrutement. Chaque année, des enseignants partent à la retraite, tandis que le nombre d’élèves scolarisés augmente. S’il n’y a pas de recrutement pour remplacer ceux qui partent, le besoin en enseignants se fait forcément sentir », explique le directeur préfectoral de l’Éducation.
Les statistiques de la DPE font état de 2 223 enseignants en activité dans les établissements relevant de son ressort, y compris ceux de Tokounou et de Sabadou-Baranama, des localités récemment rattachées à la préfecture de Kankan.
Sur cet effectif, 1 361 enseignants exercent dans l’enseignement élémentaire, contre 862 dans le secondaire. Malgré ces ressources humaines, plusieurs établissements peinent à assurer normalement les enseignements, faute d’un nombre suffisant de maîtres.
Dans certaines localités rurales, le manque de personnel se traduit par une répartition difficile des enseignants entre les différentes classes. Des écoles qui disposent de quatre classes ne comptent parfois qu’un ou deux enseignants pour assurer les cours.
« Tous les enseignants ne sont pas au complet, surtout à l’élémentaire. Il y a des villages où, pour quatre classes, on ne dispose souvent que d’un ou deux enseignants », regrette Souleymane Daffé.
Cette situation soulève des inquiétudes quant aux conditions d’apprentissage des élèves et au respect du calendrier pédagogique, notamment dans les établissements les plus touchés par le déficit.
Face à ces difficultés, la Direction préfectorale de l’Éducation privilégie des solutions locales pour maintenir les activités pédagogiques. Elle évite notamment les permutations d’enseignants qui pourraient déplacer les difficultés d’une école vers une autre sans résoudre le problème de fond.
Dans certaines communautés, les Associations des parents et amis de l’école (APAE) apportent leur soutien en prenant en charge des enseignants contractuels. Cette initiative permet de renforcer temporairement les équipes pédagogiques et de limiter les conséquences de l’insuffisance du personnel titulaire.
La DPE reconnaît l’importance de cet engagement communautaire dans le fonctionnement des établissements concernés. Toutefois, le recours à ces mécanismes locaux ne constitue pas une réponse durable à un déficit qui nécessite des mesures à l’échelle nationale.
L’espoir des responsables éducatifs repose désormais sur le recrutement annoncé de 6 000 enseignants au niveau national pour la fonction publique. Cette opération pourrait contribuer à renforcer les effectifs dans les écoles de Kankan, même si les besoins recensés ne devraient pas être entièrement couverts.
Le directeur préfectoral de l’Éducation invite ainsi les autorités compétentes à accélérer le processus de recrutement et, surtout, l’affectation des nouveaux agents dans les établissements qui en ont le plus besoin.
« Nous avons un grand espoir avec le recrutement annoncé. Cela ne corrigera pas définitivement le déficit, mais permettra de réduire les besoins. Nous demandons à l’État d’accélérer les choses, car l’année scolaire a déjà commencé. Un retard supplémentaire d’un à deux mois dans la mise à disposition des enseignants risque d’entraîner des retards dans les programmes scolaires », avertit-il.
Alors que les élèves ont repris le chemin des classes depuis le 5 octobre 2026, la DPE de Kankan attend des mesures concrètes pour renforcer les équipes pédagogiques. L’enjeu est de permettre aux établissements, particulièrement ceux des zones rurales, de disposer d’un encadrement suffisant et d’offrir aux élèves de meilleures conditions d’apprentissage.

Mariame Koulibaly pour www.gbaikandjamana.org




