Depuis le 1er mai 2026, la population de Kankan est plongée dans une crise de carburant aussi préoccupante qu’inexplicable. Plusieurs stations-service restent fermées ou fonctionnent au ralenti, tandis que celles qui parviennent à ouvrir sont aussitôt prises d’assaut par de longues files d’attente.

Dans le même temps, les vendeurs du marché noir profitent de la situation pour imposer des prix exorbitants, vendant le litre d’essence entre 15 000 et 20 000 GNF, au mépris total des tarifs officiels. Une flambée injustifiée qui aggrave la souffrance des ménages et paralyse de nombreux secteurs d’activités.
Depuis plusieurs jours, la ville traverse une pénurie caractérisée par une multiplication des points de vente clandestins et une spéculation grandissante.

Selon mes investigations, les vendeurs du marché noir affirment être eux-mêmes victimes d’une forme de surfacturation imposée par certains pompistes dans les stations-service.
« Pour remplir chaque bidon de 20 litres, on nous retire 5 000 GNF. C’est pour cela que nous aussi, nous augmentons le prix dans les quartiers », se défendent-ils.
Malgré cette hausse vertigineuse des prix, le carburant reste difficile à trouver, comme si la rareté était entretenue volontairement.
Pourquoi Kankan seule ?
Un fait interpelle davantage : parmi les cinq préfectures de la Haute-Guinée , Kankan, Kouroussa, Siguiri, Mandiana et Kérouané ,Kankan semble être la seule à subir de manière répétitive une telle crise.
Ainsi, plusieurs questions restent sans réponse :
Pourquoi cette crise ne touche-t-elle que Kankan ?
Pourquoi revient-elle de façon régulière dans cette ville ?
Pourquoi aucune réponse officielle n’est donnée à la population ?
Depuis le début de cette crise, jusqu’à ce 13 mai 2026, aucune autorité locale , communale, préfectorale ou régionale , n’a communiqué officiellement sur la situation.

Pourtant, selon la SONAP (Société Nationale des Pétroles), il n’existerait aucun problème d’approvisionnement, et le carburant serait disponible en stock.
« S’il n’y avait pas de carburant en stock, c’est toute la Guinée qui serait dans la même situation que Kankan. Or, il y a du carburant partout ailleurs. Donc ce n’est pas un problème de la SONAP », explique une source.
Ce silence des autorités locales alimente les soupçons et renforce l’idée d’une crise organisée, ou du moins tolérée.
Face à l’absence de réaction, une question revient dans les débats citoyens :
Cette crise est-elle gérée à des fins personnelles, pour remplir les poches de certains responsables et acheter leur silence ?
À défaut d’explication claire, les habitants de Kankan ont le sentiment d’être abandonnés, alors qu’ils subissent les conséquences d’un système de spéculation qui semble fonctionner sans obstacle.
Il faut rappeler qu’en 2025, la région de Kankan avait déjà connu une crise similaire, marquée par des pénuries répétitives et une forte spéculation.
À l’époque, le gouverneur d’alors, le Colonel Moussa Condé, avait lancé une opération de contrôle ayant conduit à l’interpellation de plusieurs vendeurs et pompistes impliqués dans la vente illicite.
Le 21 novembre 2025, le Commissaire principal de police de Kankan, Mohamed Fodé Soumah, avait annoncé l’arrestation de plusieurs personnes.
Selon lui, lors des interrogatoires, certains suspects auraient reconnu l’implication directe de pompistes dans la spéculation. Ces derniers auraient volontairement augmenté les prix lors du remplissage des bidons, facilitant ainsi la revente clandestine.
« Ces personnes seront envoyées à la justice. Après l’enquête, c’est à elle de décider de leur sort », avait déclaré le Commissaire Soumah.
Il avait précisé que l’opération s’était déroulée sous la coordination du gouverneur, et que les suspects seraient présentés à la justice après finalisation de l’enquête.
Un procès public avait même été annoncé à Kankan. Mais malheureusement, ce dossier a fini dans un silence total. Jusqu’à présent, personne ne sait réellement si ce jugement a eu lieu ou non.
En mai 2026, la population retombe dans la même détresse. Depuis le 1er mai, aucune mesure concrète n’a été annoncée par les autorités locales actuelles pour freiner cette spéculation et mettre fin à cette crise.
Pendant ce temps, les citoyens endurent :
de longues files d’attente,
des dépenses excessives,
la paralysie des activités économiques,
l’exploitation et la pression du marché noir.
La population exige des réponses
En attendant une solution, la population de Kankan continue de subir une crise qui semble organisée, ou du moins entretenue, au détriment des citoyens ordinaires.
Aujourd’hui, plus que jamais, les habitants demandent :
des explications claires,
une prise de parole officielle,
des contrôles renforcés dans les stations-service,
des sanctions contre les auteurs de la spéculation.
Car une chose est sûre : le silence des autorités ne fait qu’aggraver la colère et renforcer la suspicion.
La population mérite des réponses.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 pour www.gbaikandjamana.org
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