À Diguiling, district relevant de la sous-préfecture de Siguirini, l’école primaire franco-arabe Daroul Salame fonctionne dans des conditions particulièrement alarmantes.

Sa directrice, Hawa Keïta, dresse un constat sans détour : l’établissement est confronté à un déficit criant d’infrastructures de base, compromettant à la fois la sécurité, l’hygiène et la qualité de l’enseignement.
« Notre école n’est pas clôturée et reste exposée à tout. Elle est située à quelques mètres seulement de la route principale menant au centre-ville du district », alerte-t-elle. Une proximité qui accroît les risques pour les élèves, dans un environnement déjà fragile.

À cette insécurité s’ajoute un problème sanitaire majeur : l’absence totale de latrines. « Quand les élèves ont un besoin, ils sont obligés d’aller en brousse. Quant aux enseignants, nous devons parfois rentrer chez nous à moto pour utiliser des toilettes », explique la directrice, illustrant une réalité difficilement compatible avec un cadre scolaire digne.

Sur le plan pédagogique, les conditions d’apprentissage restent tout aussi précaires. Les salles de classe manquent cruellement d’équipements. « Nos classes sont presque vides. Il n’y a que quelques tables-bancs. Les enseignants eux-mêmes n’ont pas où s’asseoir », déplore Hawa Keïta.

Bien que des efforts aient été consentis par les autorités locales pour cimenter certaines salles, ces initiatives restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.

L’école dispose de quatre salles de classe, mais faute de tables-bancs, les élèves sont contraints d’étudier en groupes fusionnés : la 1ère et la 2e année partagent une même salle, tout comme la 3e et la 4e. Une organisation qui limite l’efficacité pédagogique et surcharge les enseignants.

Le personnel éducatif n’est pas épargné. L’établissement compte quatre enseignants, dont trois contractuels communautaires et un titulaire. La question du logement constitue également un casse-tête. « Nous peinons à trouver des logements. Souvent, nous sommes obligés de solliciter les parents d’élèves pour nous aider », confie la directrice.
Autre difficulté majeure : la prise en charge des enseignants contractuels repose entièrement sur la communauté. Un système fragile, souvent marqué par des difficultés de recouvrement, qui met en péril la stabilité du corps enseignant.

Face à cette accumulation de défis, la directrice lance un appel pressant aux autorités publiques et aux personnes de bonne volonté. Elle plaide notamment pour la construction d’une clôture, de latrines, l’équipement des salles de classe, ainsi que l’intégration des enseignants contractuels dans la fonction publique.
À Diguiling, l’école Daroul Salame tient debout grâce à la résilience de sa communauté. Mais sans un engagement concret de l’État et de ses partenaires, ce lieu de savoir risque de continuer à enseigner dans l’urgence.

De retour de Diguiling Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



