À l’approche de la fête de Tabaski, période souvent marquée par une forte implication des enfants dans diverses activités commerciales et sociales, SOS Villages d’Enfants en Guinée a organisé à Faranah une vaste campagne de sensibilisation sur les droits des enfants.
Cette initiative citoyenne, menée à travers un carnaval populaire, a mobilisé les responsables de SOS Villages d’Enfants en Guinée, les présidents et membres des clubs d’enfants ainsi que plusieurs acteurs communautaires.
L’objectif principal de cette campagne était d’interpeller les parents, les familles et la communauté sur l’importance du respect des droits fondamentaux des enfants, tout en sensibilisant les jeunes eux-mêmes à leurs droits et devoirs.

Un carnaval citoyen à travers les quartiers de Faranah. C’est dans une ambiance marquée par des messages de plaidoyer et des slogans éducatifs que les participants ont sillonné plusieurs quartiers de la commune urbaine de Faranah.
La caravane a commencé au quartier Abattoir 2, traversant successivement les quartiers Marché1, Tonkolonko1& 2, le Camp militaire, Mosquée, Sirékolény1&2 avant de terminer au grand marché Dandaya.
Tout au long du parcours, les équipes de SOS Villages d’Enfants en Guinée et les clubs d’enfants ont diffusé des messages forts appelant à un changement de comportement, notamment sur la protection de l’enfant contre les violences, les abus, les mauvais traitements, les mariages précoces et forcés ainsi que l’exploitation économique des mineurs.
Les sensibilisateurs ont particulièrement insisté sur la nécessité d’offrir aux enfants un environnement sain et protecteur, surtout pendant cette période festive où plusieurs d’entre eux se retrouvent impliqués dans des activités commerciales au détriment de leur éducation.
À la clôture de la campagne, les équipes de sensibilisation, ont rappelé plusieurs droits essentiels reconnus aux enfants.Selon eux, chaque enfant a droit à l’allaitement maternel, à la protection, à l’éducation, au bien-être, mais aussi à la liberté d’expression et à la parole.

Pour le responsable du CECOJE (Centre d’Ecoute de Conseils et d’Orientation pour Jeunes) de Faranah, garantir ces droits constitue une responsabilité collective qui incombe aux parents, aux éducateurs, aux autorités locales et à l’ensemble de la société.
Prenant la parole au nom de SOS, Mme Sounkary Keita, point focal Sauvegarde de SOS Villages d’Enfants en Guinée du quartier Abattoir 1, a expliqué que cette sortie de terrain visait à sensibiliser davantage les parents sur les violences et différentes formes de maltraitance dont les enfants sont victimes. Elle a souligné qu’à l’approche de la Tabaski, de nombreux enfants sont exposés aux commerces ambulants et à diverses formes d’exploitation dans les marchés.
« Nous avons lancé des messages poignants aux responsables de famille sur les violences et la traite que subissent certains enfants. Beaucoup ne sont pas scolarisés, certains sont livrés à des commerces de toutes sortes. Nous demandons également aux parents d’éviter les mariages précoces et les mariages forcés », a-t-elle expliqué.

Mme Sounkary Keita a insisté sur la nécessité de mieux préparer l’avenir des enfants, estimant qu’un enfant bien éduqué représente l’avenir de demain.Les enfants eux-mêmes plaident pour plus d’écoute et de protection
De leur côté, les enfants ont également porté un message fort à l’endroit des adultes. Fatoumata DIANÉ, Présidente du club des enfants (CDE)du quartier Marché 2, a rappelé que cette campagne avait pour but d’unir les efforts autour du bien-être et de la sécurité des enfants.

Elle a expliqué que les équipes ont sensibilisé les hommes, les femmes et les enfants sur leurs droits et responsabilités afin de bâtir une société plus protectrice.Pour elle, les parents doivent comprendre qu’un enfant respecté aujourd’hui deviendra un adulte responsable demain.La jeune présidente a également invité les parents à privilégier le dialogue et l’amour dans l’éducation.
« Nous demandons à nos parents de nous écouter, de nous protéger et de nous donner de l’amour. La violence n’arrange rien, mais les conseils accompagnés d’amour peuvent résoudre beaucoup de problèmes », a-t-elle déclaré.

Un engagement communautaire pour le bien-être de l’enfant Pour M. Leno Moussa, Coordinateur par intérim du projet de renforcement de la famille dans la préfecture de Faranah, cette campagne s’inscrit dans une dynamique de promotion du bien-être de l’enfant et de ses droits fondamentaux. Il a rappelé que chaque enfant a droit à un nom, à l’enregistrement à l’état civil, à la santé, à l’éducation, aux loisirs et à une protection adéquate.

Selon lui, plusieurs acteurs communautaires, notamment les CLEF, les CDE, les femmes, les jeunes et les agents de protection, ont été impliqués afin d’assurer une meilleure transmission des messages auprès des populations. Il s’est réjoui de l’engagement observé tout au long de cette campagne, saluant particulièrement l’appropriation des messages par les communautés elles-mêmes.
« Nous avons vu des femmes prendre la parole et s’engager à faire respecter désormais les droits des enfants. Cela montre que le message a été compris et accepté par la population », a-t-il affirmé.

Protéger les enfants, un devoir collectif À travers cette campagne de sensibilisation, SOS Villages d’Enfants en Guinée et ses partenaires ont voulu rappeler une évidence souvent négligée : les enfants sont l’avenir de la société et leur protection doit être une priorité absolue.
Au-delà des messages diffusés dans les quartiers de Faranah, cette mobilisation aura permis d’éveiller davantage les consciences sur la nécessité de lutter contre les violences, l’exploitation, les mariages précoces et toutes les formes d’atteintes aux droits des enfants.

Une initiative saluée par les communautés locales, qui promettent désormais de faire du respect des droits de l’enfant un engagement quotidien.
Alpha Amadou BARRY chef de bureau régional de GBAIKANDJAMANA MÉDIAS basé à faranah
Tel : 623 47 83 39




