La maison des jeunes de Faranah a servi de cadre, ce mardi 12 mai 2026, à une importante rencontre de sensibilisation organisée par TDS Guinée autour de la vulgarisation du code pastoral.
Cette initiative a mobilisé plusieurs acteurs du monde rural notamment des agriculteurs, éleveurs, maraîchers, riziculteurs et apiculteurs, avec pour objectif principal de renforcer la cohabitation pacifique entre les différentes catégories socioprofessionnelles vivant essentiellement de l’agriculture et de l’élevage.
Dans un contexte marqué par la récurrence des conflits entre agriculteurs et éleveurs, cette campagne de vulgarisation vise à informer les populations rurales sur leurs droits, devoirs et responsabilités afin de prévenir les tensions et favoriser un climat d’entente durable.

Le facilitateur de la rencontre, M. Ansoumane Oularé, ingénieur agronome et consultant indépendant sur les questions agricoles et environnementales, a longuement expliqué les objectifs poursuivis par cette campagne de sensibilisation.
Selon lui, cette initiative vise avant tout à faire connaître le contenu du code pastoral et à clarifier les responsabilités de chaque acteur afin d’éviter les incompréhensions à l’origine de nombreux conflits. « L’objectif est de sensibiliser et d’informer sur le code pastoral et la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs, afin que chacun comprenne sa part de responsabilité », a-t-il expliqué.

Le spécialiste a rappelé que le code pastoral constitue un extrait du code foncier et domanial, précisant que la Guinée est actuellement engagée dans une dynamique de renforcement du développement rural avec une future législation sur le code agricole.
Dans ses explications, il a insisté sur le fait que l’agriculture et l’élevage sont intimement liés et ne peuvent être dissociés dans une société rurale. « Lorsqu’on parle d’agriculture, on doit parler de l’élevage, et lorsqu’on parle de l’élevage, il faut aussi considérer tous les paramètres agricoles », a-t-il souligné.
La présidente du groupement maraîcher de l’Union Kankelen, Oumou Camara a exprimé sa satisfaction à l’issue de cette rencontre qu’elle juge nécessaire face à la multiplication des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Pour elle, aucun secteur ne peut être privilégié au détriment de l’autre, chacun jouant un rôle essentiel dans la société guinéenne.

Elle a particulièrement mis en avant l’importance du bétail dans les communautés rurales africaines, souvent considéré comme une véritable épargne ou une banque familiale. La responsable maraîchère estime ainsi que les différends doivent être résolus dans un esprit de dialogue et de solidarité plutôt que devant les tribunaux, où les procédures deviennent souvent coûteuses pour les parties concernées. « S’il n’y a pas de mine ici, nous vivons essentiellement de l’agriculture et de l’élevage », a-t-elle plaidé, appelant à un accompagnement accru des autorités et des bailleurs de fonds.

Prenant la parole au nom des éleveurs, M. Habib Cissé, dit Sabimbi, a lui aussi exprimé sa satisfaction quant à l’organisation de cette rencontre, estimant qu’elle intervient à un moment opportun. Il a reconnu l’existence de tensions entre éleveurs et agriculteurs, tout en expliquant certaines réalités auxquelles les éleveurs sont confrontés.
Selon lui, l’un des principaux problèmes réside dans le manque d’eau et d’herbe dans les parcs, empêchant parfois les éleveurs de respecter les horaires de retour et de sortie des troupeaux. Cette situation, dit-il, est souvent à l’origine des dégâts causés dans les champs et donc des conflits.

Pour résoudre cette problématique, il recommande la construction de forages ou de puits améliorés dans les zones pastorales afin de réduire les déplacements incontrôlés des animaux.
À travers cette campagne de vulgarisation du code pastoral, TDS Guinée entend contribuer à l’apaisement des tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs dans la préfecture de Faranah. Entre sensibilisation, échanges francs et clarification des responsabilités, les participants ont unanimement reconnu la nécessité de privilégier le dialogue et les solutions amiables pour préserver la paix sociale.

Toutefois, au-delà des recommandations, les préoccupations liées au manque d’eau, à la faiblesse des infrastructures pastorales et au dysfonctionnement des comités de transhumance demeurent des défis majeurs qui nécessitent l’implication des autorités et des partenaires au développement pour garantir une cohabitation harmonieuse et durable entre les acteurs du monde rural.
Alpha Amadou BARRY chef de bureau régional de GBAIKANDJAMANA MÉDIAS basé dans le sankaran
Tel : 623 47 83 39




