Le décès de Morlaye Klavert Maomou, étudiant en première année au département Gestion des entreprises agricoles, suscite une vive émotion à Faranah.

Alors que ses camarades dénoncent une absence de prise en charge liée, selon eux, à une somme de 30 000 francs guinéens, les responsables des urgences de l’hôpital régional affirment avoir reçu le jeune homme déjà décédé. Deux versions qui laissent planer des interrogations sur les circonstances du drame.
Un tournoi informel de football organisé par des jeunes depuis le 20 octobre 2026 au quartier Abattoir, dans la commune urbaine de Faranah, a été endeuillé par la mort brutale de Morlaye Klavert Maomou. Le drame s’est produit lors de la deuxième journée de la compétition, au cours d’une rencontre opposant les équipes de Koumandi et de Kondeboun.

Selon le témoignage d’un organisateur du tournoi, l’étudiant s’est brusquement effondré alors que le ballon venait d’être placé à l’endroit où une faute avait été commise. La scène a provoqué la stupeur parmi les joueurs et les spectateurs présents.
Ses camarades ont rapidement entrepris de le transporter à l’hôpital régional de Faranah, espérant qu’il pourrait y recevoir des soins urgents. Mais les circonstances de cette évacuation et de son arrivée dans l’établissement hospitalier sont aujourd’hui au centre des interrogations.
Selon les témoignages rapportés par les accompagnateurs, le personnel hospitalier leur aurait demandé d’acheter un carnet avant la prise en charge du jeune homme. Ses camarades dénoncent ainsi une absence d’assistance médicale et évoquent une somme de 30 000 francs guinéens qui aurait été réclamée ou qui aurait constitué un obstacle à la prise en charge.
Ces accusations, particulièrement graves, restent toutefois à établir de manière indépendante. Les circonstances exactes de la demande de paiement, ainsi que l’état du jeune homme au moment de son arrivée à l’hôpital, nécessitent des éclaircissements.

Contacté par téléphone par notre correspondant régional, le docteur Dabo Aboubacar, chef du service des urgences de l’hôpital régional de Faranah, a livré une version différente des faits.
Selon ce responsable médical, le jeune étudiant n’aurait pas été admis vivant dans l’établissement. Il affirme que ses services ont reçu directement son corps.
« C’est un dépôt de corps que l’hôpital a reçu. Le jeune a piqué une crise au moment où il s’est effondré, et c’est le corps que nous avons reçu », a-t-il expliqué.
Le docteur Dabo Aboubacar précise également que son équipe cherchait à joindre un responsable de l’institut fréquenté par le défunt afin de l’informer du drame. Cette démarche aurait été compliquée par l’agitation des jeunes accompagnateurs, qui manifestaient leur mécontentement et dénonçaient l’absence de prise en charge de leur camarade.
La direction des urgences conteste donc, à travers ces explications, l’idée selon laquelle l’hôpital aurait reçu un patient vivant auquel des soins auraient été refusés. Cependant, cette déclaration ne permet pas, à elle seule, de déterminer les circonstances exactes de l’effondrement ni les conditions dans lesquelles le jeune homme a été transporté.
Au cœur de cette affaire, deux versions s’opposent : celle des camarades du défunt, qui dénoncent une absence de prise en charge et évoquent une somme de 30 000 GNF, et celle du responsable des urgences, qui soutient que l’établissement a reçu le jeune homme déjà décédé.
Plusieurs questions restent donc sans réponse. Dans quel état Morlaye Klavert Maomou se trouvait-il au moment de son arrivée à l’hôpital ? Une demande de paiement a-t-elle effectivement été formulée avant toute intervention ? Si oui, dans quelles circonstances ? Enfin, quelles sont les causes médicales exactes de son décès ?
À ce stade, aucun élément vérifié ne permet d’établir un lien de causalité entre la somme évoquée par les accompagnateurs et la mort de l’étudiant. Seuls des éléments médicaux et des témoignages complémentaires permettraient de mieux reconstituer le déroulement des faits.
La disparition de Morlaye Klavert Maomou laisse une famille, des camarades et toute une communauté dans la douleur. Au-delà de l’émotion et des accusations, la recherche de la vérité demeure essentielle pour comprendre ce qui s’est réellement passé au cours de cette journée tragique à Faranah.
Notre rédaction reste disponible pour recueillir tout élément complémentaire, notamment auprès de la direction de l’hôpital régional de Faranah, afin d’apporter à nos lecteurs des informations précises et équilibrées sur cette affaire.

Faranah Alpha Barry pour le www.Gbaikandjamana.org




