Le Secrétaire général du Syndicat des professionnels de presse de Guinée (SPPG), Sekou Jamal Pendessa, a vivement critiqué la gestion de l’information lors de la récente rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, et le corps diplomatique accrédité en Guinée.

Dans une analyse sans concession, le syndicaliste estime que cet événement, qui s’est tenu hier au ministère des Affaires étrangères, constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit d’accès à l’information publique.
Au cœur des reproches du SPPG : la décision de restreindre l’accès de l’information à un seul média, au détriment de la pluralité de la presse privée. Pour Sekou Jamal Pendessa, cette pratique est incompatible avec les principes démocratiques.
« Un seul média ne peut pas assurer le droit d’accès à l’information publique, parce que la RTG qui est la télévision publique n’est pas suivie par tout le monde. Il faut plusieurs médias à la fois pour pouvoir répondre exactement à ce droit pour l’ensemble des Guinéens », a-t-il expliqué.
Il avertit : « Si vous donnez l’information à un seul média, c’est que vous privez les autres citoyens qui suivent d’autres médias. Vous portez atteinte à leurs droits. »
Le syndicaliste a également interpellé la présence, aux côtés du ministre Kouyaté, du ministre de la Justice, également en charge des Droits de l’Homme.
« Il n’a même pas analysé le contexte ou l’environnement dans lequel il était en train de poser cet acte », a-t-il regretté, soulignant que le Garde des Sceaux, garant des libertés, aurait dû s’opposer à une telle mesure.
« Le Ministre de la Justice, qu’il en prenne acte », a-t-il lancé.
Au-delà de la violation des droits des citoyens guinéens, Sekou Jamal Pendessa pointe du doigt les conséquences diplomatiques de cet acte. Selon lui, en agissant de la sorte devant des diplomates venus de nombreux pays, le chef de la diplomatie guinéenne a envoyé un signal négatif à la communauté internationale.
« Quel message a-t-il voulu véhiculer ? C’est de leur dire que chez nous, la presse n’est pas respectée, particulièrement la presse privée, et que nous continuons à restreindre la liberté de la presse », a-t-il analysé.
Il rappelle que ces diplomates sont des relais d’information vers leurs capitales respectives.
« Ils ont véhiculé le message auprès de leurs pays respectifs. Vous voyez les conséquences ! » s’alarme-t-il.
Pour le SG du SPPG, cette attitude risque de ternir l’image du pays sur la scène internationale, alors même que les autorités clament leur retour en grâce.
« Il suffit pas seulement de dire qu’on signe notre retour sur la scène internationale, mais il y a des ingrédients qui accompagnent toutes ces dynamiques », a-t-il insisté, fustigeant une contradiction entre les discours et les actes.
Sekou Jamal Pendessa prévient enfin que les rapports internationaux sur la liberté de la presse en Guinée ne manqueront pas de souligner ces dérives.
« Quand des rapports vont tomber sur la liberté de la presse en Guinée, c’est les mêmes qui diront que vous êtes en train de ternir l’image du pays, alors qu’il n’y a pas de canaux plus efficaces pour envoyer un message à l’étranger que les canaux diplomatiques », a-t-il conclu.
Le SPPG, par la voix de son secrétaire général, condamne fermement ce « mépris vis-à-vis de la presse privée » et appelle à la mobilisation de tous les médias guinéens pour la défense du droit à l’information. Une sortie qui risque de faire des vagues, alors que la question de la liberté de la presse reste un sujet sensible en Guinée.

Tögnon Bangoura pour www.gbaikandjamana.org




