Trois jours après le gigantesque incendie qui a réduit en cendres une partie du grand marché de N’Zérékoré, les victimes attendent toujours des mesures concrètes. Mais du côté des autorités, la priorité est ailleurs : identifier avec précision les véritables sinistrés avant toute annonce d’assistance ou d’indemnisation.

Invité de l’émission Guinée Today sur Télé24 ce lundi 22 juin 2026, le directeur général de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), Lanciné Touré, actuellement en mission à N’Zérékoré, a indiqué que le gouvernement ne pouvait agir sans disposer d’un état des lieux fiable.
« Tant qu’on ne connaît pas le nombre réel de personnes impactées, il sera difficile de prendre une décision », a-t-il expliqué.
Selon lui, une vaste opération de recensement est en cours. Elle mobilise plusieurs institutions, notamment la justice, la police, la gendarmerie, le ministère du Commerce, la Chambre de commerce ainsi que les autorités locales. L’objectif est de distinguer les véritables victimes d’éventuels opportunistes susceptibles de profiter de la situation.
Cette position intervient alors que la colère et l’inquiétude gagnent de nombreux commerçants ayant tout perdu dans les flammes. Beaucoup espèrent une aide rapide pour relancer leurs activités, tandis que les autorités insistent sur la nécessité d’établir d’abord un bilan précis des pertes.
Le responsable de l’ANGUCH a toutefois rappelé que le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, a déjà pris l’engagement de reconstruire entièrement le marché. Mais avant de passer à cette phase, l’État entend connaître avec exactitude l’ampleur des dégâts et le nombre réel de personnes touchées.
Parallèlement, une enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer les causes de l’incendie. Les investigations devront établir s’il s’agit d’un accident ou d’un acte criminel.
Alors que les opérations de recensement se poursuivent, une réalité demeure : à N’Zérékoré, les victimes réclament des réponses rapides, tandis que l’État estime que l’heure est encore aux vérifications. Une différence de rythme qui alimente déjà l’impatience et la frustration des sinistrés.

Moussa Moïse Camara
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