Renforcer le dialogue entre les entreprises minières et les communautés riveraines, prévenir les conflits et favoriser les retombées locales de l’exploitation minière.

C’est l’objectif d’un atelier régional organisé les 23 et 24 octobre à Kankan par le ministère des Mines et de la Géologie, à travers la Direction générale du Service des relations communautaires et du développement du contenu local (SRCDCL), avec le financement du Fonds d’investissement minier (FIM).
Cette rencontre a réuni des représentants des différentes préfectures de la région administrative de Kankan autour des enjeux liés à la coexistence pacifique entre les détenteurs de titres miniers et les populations vivant à proximité des sites d’exploitation.

Au-delà des échanges institutionnels, les discussions ont porté sur une préoccupation majeure des zones minières : comment concilier les activités des entreprises avec les attentes des communautés en matière d’emploi, de développement local et de respect des engagements pris par les sociétés minières ?

Pour Ibrahima Sory Marie Soumah, chef de division des relations communautaires au ministère des Mines et de la Géologie, la stabilité dans les zones minières constitue une condition essentielle au développement des investissements et à une meilleure participation des Guinéens aux opportunités offertes par ce secteur.
« L’objectif, c’est d’échanger sur la coexistence pacifique entre détenteurs de titres miniers et communautés riveraines », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de permettre aux différentes parties prenantes de mieux connaître les dispositions juridiques qui encadrent les activités minières en Guinée.
Il a également insisté sur l’importance du contenu local, en lien avec les ambitions du programme Simandou 2040, afin de favoriser l’accès des entreprises guinéennes aux opportunités économiques générées par le secteur minier.
À l’issue des deux jours de travaux, il espère que les participants pourront transmettre les connaissances acquises à d’autres acteurs de leurs localités, contribuant ainsi à la prévention des conflits et au renforcement des capacités des entreprises locales.
Dans les zones d’exploitation minière, les relations entre les sociétés et les communautés peuvent être fragilisées lorsque les attentes des populations ne correspondent pas aux retombées constatées sur le terrain.

Pour le docteur Labilé Nieba, inspecteur régional des Mines et de la Géologie de Kankan, les entreprises doivent veiller à ce que leurs actions d’accompagnement produisent des effets positifs et concrets sur les communautés.
« Il faut faire en sorte que leur activité soit conforme aux obligations légales prévues dans leurs conventions minières. C’est ce qui peut permettre d’atténuer et de prévenir les conflits qui naissent souvent entre les entreprises et les communautés », a-t-il recommandé.
Cette exigence renvoie notamment à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), qui vise à mieux prendre en compte les préoccupations sociales, économiques et environnementales des populations concernées par les projets miniers.
Du côté des autorités préfectorales, la rencontre est également perçue comme une occasion de mieux comprendre les mécanismes de collaboration avec les sociétés minières et les possibilités de développement offertes aux collectivités.
Pour Alphouseny Keïta, chef de cabinet de la préfecture de Kankan, la maîtrise de ces principes est importante pour permettre aux collectivités de mieux accompagner les initiatives locales et de favoriser la création d’emplois au profit des citoyens des zones impactées.
« Cette rencontre a une grande importance pour nous parce qu’on nous explique comment fonctionne notre collaboration avec les entreprises, pour qu’elles nous aident à mener nos activités locales, surtout avec la création d’emplois pour les citoyens impactés », a-t-il indiqué.
Il estime toutefois que la connaissance de ces mécanismes est indispensable pour permettre aux communautés de mieux comprendre les conditions d’accès aux appuis et aux opportunités proposés par les entreprises.
L’atelier s’inscrit dans une démarche de vulgarisation des politiques minières relatives à la responsabilité sociétale des entreprises et au contenu local. L’approche retenue repose sur la participation des acteurs, les études de cas, les échanges et des exercices pratiques, avec des discussions prévues en français et dans les langues locales.
Les collectivités locales, les organisations de la société civile, les médias publics et privés, les sociétés minières ainsi que les petites et moyennes entreprises figurent parmi les catégories ciblées par cette initiative.
Au-delà de la formation, l’enjeu reste désormais de traduire les connaissances acquises en pratiques concrètes : un dialogue plus régulier entre les entreprises et les populations, un meilleur respect des engagements et des possibilités accrues pour les entreprises guinéennes de participer à l’économie minière.
Car, dans les localités concernées, la coexistence pacifique ne se limite pas à l’absence de conflits. Elle suppose aussi que les populations puissent comprendre leurs droits, faire entendre leurs préoccupations et constater des retombées concrètes des activités minières sur leurs conditions de vie.
Tögnon Bangoura pour www.gbaikandjamana.org





