La sous-préfecture de Pela, à une vingtaine de kilomètres de Yomou, s’est réveillée ce dimanche dans un climat de sidération après un drame d’une rare violence. Le coordinateur préfectoral de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), Abbé Jean Pierre Haomou, âgé d’une trentaine d’années, marié et père de deux enfants, a mis fin à ses jours après avoir grièvement blessé son beau-père par arme à feu.
Les faits se sont déroulés dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 janvier 2026, brisant la quiétude habituelle de cette localité rurale.
Une nuit d’angoisse et de confusion
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’homme serait arrivé armé d’un fusil, nourrissant l’intention présumée de s’en prendre à des membres de sa belle-famille.
Un premier coup de feu a retenti aux environs de 22 heures, semant la panique dans le quartier.
Présent à proximité, Adolphe Delamou, notable respecté de Pela, revient sur cette nuit de terreur :
« Je revenais d’une cérémonie de mariage quand j’ai entendu une détonation suivie de cris. On m’a demandé de ne pas sortir, car le tireur rôdait encore. Plus tard, nous avons appris que le vieux avait été blessé au pied et évacué d’urgence à l’hôpital. Sa fille et ses enfants ont été mis à l’abri au poste de police », témoigne-t-il.
Alors que les jeunes du quartier tentaient d’alerter les villages voisins et de comprendre l’ampleur de la situation, un second coup de feu a été entendu. Cette fois, aucun cri n’a suivi, accentuant l’inquiétude générale.
Une découverte macabre à l’aube
Ce n’est qu’au petit matin que le drame a pris toute son ampleur. Le corps sans vie d’Abbé Jean Pierre Haomou a été retrouvé derrière une habitation, entre des bananiers. À ses côtés, son fusil et trois cartouches non utilisées, mettant fin à une nuit de violence qui a profondément marqué la communauté.
Une famille brisée, une incompréhension totale
Effondrée, son épouse, Béatrice Delamou, affirme n’avoir perçu aucun signe avant-coureur :
« Je revenais de la pêche vers 18 heures, fatiguée, je me suis couchée avec les enfants. Jean Pierre n’était pas là. Mon père vend parfois des cigarettes et dort dans son hangar. C’est là que mon mari a tenté de l’atteindre. Je ne comprends toujours pas ce qui a pu se passer dans sa tête », confie-t-elle, la voix tremblante.
Ce drame, au-delà de son caractère tragique, interroge profondément la population de Pela et de Yomou. Comment un homme connu pour son engagement associatif a-t-il pu basculer dans une telle violence ? Quels signaux ont échappé à l’entourage ? Et surtout, comment éviter que de telles tragédies ne se reproduisent ?
Dans une région où la cohésion sociale reste un pilier fondamental, cette nuit sanglante sonne comme un rappel brutal : derrière les visages respectés peuvent se cacher des détresses silencieuses.
En attendant les conclusions de l’enquête, Pela enterre un fils, pleure une famille brisée et s’interroge, avec gravité, sur l’urgence de mieux écouter les cris muets avant qu’ils ne se transforment en coups de feu.

Le www.Gbaikandjamana.org
La Rédaction



