La Bibliothèque régionale de N’Zérékoré a accueilli, ce 25 avril 2026, la cérémonie de dédicace du livre « Entre vices et regret », une œuvre engagée de Karamo Cissé. Devant un parterre d’autorités administratives et d’acteurs du système éducatif, l’auteur a livré un témoignage à la fois poignant et interpellateur, entre récit de vie et mise en garde contre les dérives qui fragilisent la jeunesse.

Originaire de Guékédou, passé par Siguiri et Conakry, Karamo Cissé retrace un parcours marqué par les épreuves et des choix déterminants. De comptable à éducateur, il opère une reconversion singulière après avoir hérité d’une école construite sur un ancien dépotoir — une image forte qui symbolise sa volonté de transformer les réalités difficiles en opportunités éducatives.
Au-delà de l’autobiographie, « Entre vices et regret » s’impose comme un outil de sensibilisation. L’auteur y dénonce sans détour les fléaux qui minent une frange de la jeunesse : drogue, chicha, alcool, abandon scolaire et influence néfaste de certaines fréquentations.
« Ce que certains appellent modernité n’est en réalité que médiocrité », affirme-t-il, dénonçant une génération parfois séduite par des illusions aux conséquences lourdes.
À travers ses chapitres, l’ouvrage aborde plusieurs axes majeurs : les tentations contemporaines auxquelles fait face la jeunesse, l’impact destructeur des mauvaises compagnies, le rôle déterminant de la cellule familiale et des pouvoirs publics, ainsi que le coût souvent sous-estimé des mauvais choix.

Le message de Karamo Cissé est clair : prévenir vaut mieux que réparer. Il appuie son propos par des exemples concrets, parfois tragiques, illustrant les ravages liés à la consommation de substances nocives et à la perte de repères.
Dans une salle attentive, l’auteur a également insisté sur la responsabilité collective :
« Ce n’est pas seulement à l’État ou à la famille d’agir, c’est à toute la société de se mobiliser », a-t-il déclaré.
Plus qu’un simple livre, « Entre vices et regret » se présente comme un miroir lucide tendu à la jeunesse guinéenne. Un miroir parfois dérangeant, mais indispensable pour éviter que les erreurs d’aujourd’hui ne se transforment en regrets irréversibles demain.

Moussa Moïse Camara
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