À l’heure où la Guinée poursuit sa réorganisation administrative, une nouvelle revendication prend de l’ampleur dans la préfecture de Doko. Sèkè Kolita, localité présentée par ses habitants comme l’un des plus anciens foyers de peuplement de la région, souhaite désormais franchir une nouvelle étape : son érection en sous-préfecture.

Selon les témoignages recueillis auprès des populations, Sèkè Kolita aurait été installé dès 1470 et serait considéré comme le premier village habité par les ancêtres des cinq terres de Sèkè et de Dalamba. Une histoire qui constitue aujourd’hui l’un des principaux arguments avancés par les responsables locaux.

Mairie
Mais au-delà de son passé historique, les promoteurs de cette démarche mettent surtout en avant le poids démographique et les infrastructures déjà disponibles.
Après l’érection de Doko au rang de préfecture, les responsables du district de Sèkè Kolita estiment que leur localité dispose désormais de plusieurs acquis susceptibles de soutenir sa candidature au statut de sous-préfecture.

Elhadj Namory Magassouba, membre du bureau du district, cite notamment la construction d’un bloc administratif et du logement du futur sous-préfet, ainsi que plusieurs infrastructures dans les domaines de la sécurité, de l’éducation, de la jeunesse, de la santé et de l’administration.
« Notre souhait aujourd’hui, c’est d’ériger Sèkè Kolita en sous-préfecture. Les huit districts et les différents secteurs se sont donné la main autour de cette ambition. Plusieurs réalisations ont été faites : le bloc administratif, le logement du sous-préfet, la commune et le logement du maire, le poste de gendarmerie et sa résidence, le poste de police et le logement du commissaire, les infrastructures des Eaux et Forêts, la maison des jeunes, le centre de santé et le stade », explique-t-il.
Pour les responsables locaux, ces réalisations témoignent de la volonté des populations de participer au développement de leur territoire et de créer les conditions nécessaires à une administration de proximité.

Résidence du Sous-préfet
L’argument démographique occupe également une place centrale dans la démarche. Selon les estimations avancées par les responsables locaux, près de 100 000 habitants vivent sur le territoire de Sèkè Kolita et dans les villages environnants.

Une population importante qui, selon eux, justifie le rapprochement des services administratifs des citoyens et pourrait constituer un autre argument en faveur de l’érection de la localité en sous-préfecture.

Youssouf Magassouba, président du district de Sèkè Kolita, salue d’abord la décision ayant permis à Doko d’accéder au statut de préfecture, avant de plaider pour une nouvelle évolution administrative de leur localité.
« Nous remercions le président Mamadi Doumbouya pour avoir érigé Doko en préfecture. Aujourd’hui, notre souhait est de voir Kolita devenir une sous-préfecture, compte tenu de sa population, estimée à près de 99 000 habitants. Nous demandons à Madame la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de nous accompagner afin que notre district puisse accéder à ce statut. Nous avons également réalisé plusieurs infrastructures », a-t-il déclaré.

Maison des Jeunes
La revendication ne se limite pas aux responsables administratifs et communautaires. Femmes et jeunes de Sèkè Kolita se joignent également à l’appel et souhaitent voir les autorités compétentes examiner favorablement leur démarche.

Bureau de District
Pour les populations, l’érection de Sèkè Kolita en sous-préfecture permettrait de rapprocher davantage les services publics des citoyens, de renforcer la présence administrative et d’accélérer le développement local.
Entre histoire, poids démographique, mobilisation communautaire et infrastructures existantes, Sèkè Kolita entend ainsi faire valoir ses arguments auprès des autorités nationales.
Désormais, les regards sont tournés vers le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, à qui les populations adressent leur plaidoyer. Leur ambition est claire : transformer un village historique en une nouvelle circonscription administrative au service de près de 100 000 habitants.

Siguri Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org





