Dans le secteur Saninan, district de Dalanban, sous-préfecture de Doko (préfecture de Siguiri), une femme a été interpellée ce jeudi 16 Avril 2026 et placée sous le coup de poursuites pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, conformément à l’article 243 du Code pénal.
Les faits remontent au mois de février 2026, dans un contexte de tensions domestiques mêlées à un différend autour d’une cotisation liée à une cérémonie traditionnelle (« sobi ») de leurs Sèrè . Selon les déclarations de la mise en cause, que nous désignons B.K., le conflit l’opposait à sa coépouse, Aminata, qui refusait de s’acquitter de sa contribution financière malgré plusieurs relances.
Chargée du recouvrement des fonds au sein de leurs Sèrè , B.K. affirme avoir multiplié les démarches, impliquant même leur époux, sans succès. La situation se serait envenimée le jour où une discussion a dégénéré au domicile familial.
Toujours selon son récit, Aminata aurait, au cours de l’altercation, versé de l’eau chaude sur elle, lui causant des brûlures à la poitrine. En réaction, B.K. reconnaît avoir, à son tour, aspergé sa coépouse d’eau chaude. Les deux femmes auraient ensuite été séparées par des voisins, avant de se réconcilier dans les jours suivants.
Malgré cette apparente accalmie, l’état de santé d’Aminata se serait progressivement détérioré. Après plusieurs consultations dans des structures sanitaires, des diagnostics évoquant notamment le diabète et une hypertension artérielle auraient été posés. Hospitalisée à l’hôpital préfectoral de Siguiri, elle y recevait des soins, assistée par sa coépouse B.K. jusqu’à l’arrivée de ses parents.
Quelques jours après le départ de B.K. du centre hospitalier, Aminata, mère de quatre enfants, a succombé à ses complications.
C’est à la suite de ce décès que la procédure judiciaire a été engagée. Les autorités cherchent désormais à établir le lien de causalité entre les brûlures subies lors de l’altercation et la mort de la victime.
Au-delà du drame familial, cette affaire relance la question des violences domestiques souvent banalisées, mais dont les conséquences peuvent s’avérer irréversibles, même en l’absence d’intention homicide.

Siguuri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.gbaikandjamana.org
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