Une affaire suscite une vive émotion dans la sous-préfecture de Doko, préfecture de Siguiri. Makassia Traoré, une jeune femme d’environ 20 ans, est décédée dans des circonstances jugées suspectes après avoir reçu des soins dans une clinique clandestine située à Doko-Centre.
Selon les informations rapportées par Dr Abdoulaye Bachir Condé (ABC), l’alerte a été donnée dans la soirée du jeudi 4 juin 2026.
« Dans la nuit du jeudi 04 juin 2026, aux environs de 20 heures à 21 heures, nous avons reçu l’information concernant un cas de meurtre dans une clinique à Doko. Il s’agit d’une dame d’environ 20 ans résidant dans le district de Tonson, relevant de la sous-préfecture de Doko », a-t-il déclaré.
D’après les informations recueillies, la victime, souffrante, aurait quitté son domicile de Tonson pour rejoindre à moto une clinique privée où elle avait l’habitude de se faire consulter.
« Elle réside à Tonson mais son médecin réside à Doko-Centre. C’est une clinique clandestine. Le propriétaire a effacé les écritures qui pouvaient indiquer qu’il s’agit d’une clinique et a laissé le bâtiment comme une maison familiale ordinaire. Pourtant, les patients continuent d’y venir pour des consultations et des traitements », a expliqué Dr Condé.
Selon lui, après avoir reçu des soins dans cette structure, la jeune femme est rentrée à Tonson. Son état se serait toutefois aggravé quelques heures plus tard.
« Le médecin avait l’habitude de soigner la dame. Lorsqu’elle ne s’est pas sentie bien chez elle, elle s’est rendue à la clinique. Après les soins, elle est retournée à Tonson. Mais arrivée sur place, elle a commencé à avoir de sérieux problèmes de santé. Vu son état et la distance, elle n’a pas pu retourner à Doko et s’est rendue au poste de santé de Tonson », a-t-il indiqué.
Toujours selon les mêmes sources, les agents de santé du poste de Tonson auraient contacté le médecin ayant assuré la première prise en charge.
« Les médecins du poste de santé ont demandé ce qui avait été administré à la patiente. Le médecin de la clinique clandestine leur a fait savoir qu’il lui avait injecté du Novalgin. Or, il s’agit d’un produit retiré de la liste nationale des médicaments autorisés en Guinée en raison de ses effets indésirables. Les professionnels de santé sont censés éviter son utilisation à cause de sa toxicité potentielle », a affirmé Dr Abdoulaye Bachir Condé.
Malgré les tentatives de prise en charge au poste de santé de Tonson, la jeune femme a finalement succombé.
À la suite du drame, plusieurs personnes ont été entendues par les enquêteurs.
« Les médecins travaillant dans la clinique ont été interpellés et se trouvent actuellement à la gendarmerie de Doko. Les médecins du poste de santé de Tonson ont également été auditionnés. La clinique ne dispose d’aucun agrément », a précisé ABC.
La victime répondait au nom de Makassia Traoré et était âgée d’environ 20 ans.« Sa mort est une mort suspecte liée à une intoxication médicamenteuse, principalement au Novalgin », a soutenu Dr Condé.
Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, a ensuite autorisé la remise du corps à la famille pour les obsèques.
Cette affaire remet au centre des préoccupations la présence de cliniques clandestines dans plusieurs localités de la préfecture de Siguiri, malgré les mesures prises par le ministère de la Santé pour lutter contre ce phénomène.
Pour rappel, le ministère de la Santé avait pris une décision interdisant les cliniques clandestines sur toute l’étendue du territoire national. Pourtant, dans la commune urbaine de Siguiri comme dans certaines sous-préfectures, cette décision n’est pas toujours respectée.

Siguiri / Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Contact : +224/ 623-18-39-60





