Annoncée lors de la passation de service entre les anciennes et les nouvelles autorités communales, l’existence d’un montant de 6 milliards de francs guinéens laissé dans les comptes de la commune continue de susciter interrogations et spéculations au sein de la population. Plus de deux semaines après l’installation de la nouvelle équipe dirigée par le Dr Abou Billy Keïta, aucune communication officielle n’a encore été faite sur l’origine exacte ni sur la répartition de ces fonds.
Cette situation entretient un climat de doute dans la cité aurifère. Plusieurs citoyens s’interrogent notamment sur la nature de cette somme : s’agit-il des fonds propres de la commune, des ressources de l’ANAFIC, du Fonds de Développement Économique Local (FODEL), ou d’un mélange de plusieurs comptes ?
Afin d’obtenir des éclaircissements, nos reporters ont rencontré le vice-maire de la commune urbaine de Siguiri, Abdoulaye Bayo.

Selon lui, l’annonce des 6 milliards a bien été faite lors de la cérémonie de passation, mais la nouvelle équipe préfère attendre les documents officiels avant de communiquer.
« Lors de la passation de service, il a été déclaré que l’équipe sortante avait laissé 6 milliards de francs guinéens dans les banques. Si jusqu’à présent nous n’avons pas communiqué sur cette question, c’est parce que plusieurs étapes administratives doivent être respectées. L’administration est une continuité et nous devons suivre les procédures en vigueur », a-t-il expliqué.
Le vice-maire précise que la priorité est actuellement le changement des signatures bancaires, une formalité indispensable avant tout accès aux comptes de la commune.
« Nous avons déjà adressé une lettre au préfet afin d’autoriser le maire à effectuer, avec le receveur communal, les démarches auprès des différentes banques pour obtenir les relevés bancaires. »
Selon Abdoulaye Bayo, ces relevés permettront d’identifier avec précision l’origine des fonds.
« Dans la gestion d’une commune, plusieurs ressources transitent par différents comptes : les fonds propres, les financements de l’ANAFIC et ceux du FODEL. Ce n’est qu’après l’obtention des relevés bancaires que nous pourrons déterminer les montants disponibles dans chaque compte et faire une déclaration responsable à la population de Siguiri. Tant que nous ne disposons pas de ces relevés, nous ne pouvons pas communiquer officiellement. »
En attendant ces vérifications, l’affaire des 6 milliards de GNF reste au cœur des débats à Siguiri. Les habitants espèrent que la future communication des autorités permettra de lever définitivement les zones d’ombre sur ce dossier.

Siguiri Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org





