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À Siguiri, l’heure n’est plus aux heurts, mais à la recherche du calme après les violentes tensions ayant récemment secoué la ville. À la suite d’un accord conclu entre la préfecture et les jeunes manifestants mettant fin aux mouvements de protestation, la jeunesse locale s’est mobilisée derrière le leader de la contestation, accompagné d’Alkaly Diawara, une figure montante originaire de la région et venue de Conakry pour apporter son soutien.

Dans un élan de solidarité, la délégation a entrepris une tournée auprès des victimes des affrontements.

Elle s’est rendue au chevet des blessés et de leurs familles, avant de faire un arrêt à la maison mortuaire pour honorer la mémoire du jeune manifestant tragiquement décédé. « Nous avons rencontré toutes les personnes touchées ou blessées lors de la manifestation, puis nous nous sommes rendus à la maison mortuaire pour honorer la mémoire du jeune décédé. Nous remercions sincèrement toutes celles et tous ceux qui ont participé à cette démarche », a déclaré, la voix tremblante, un Alkaly Diawara profondément ému.

Au-delà du recueillement, le jeune leader a lancé un appel solennel en faveur d’une paix durable à Siguiri. Il invite les autorités à instaurer un cadre de dialogue sincère avec la jeunesse, la notabilité et les acteurs concernés, notamment autour de la gestion de l’orpaillage artisanal et industriel, enjeu central des tensions récurrentes. « Nous prions pour que la paix soit durable. Nous souhaitons que le gouvernement accepte de s’asseoir avec la jeunesse de Siguiri et la notabilité pour discuter de la gestion de l’orpaillage avec toute la population, afin de trouver un accord susceptible de conduire à une entente durable », a-t-il martelé.
Alors que Siguiri renoue progressivement avec le calme, ces initiatives d’écoute, de compassion et de médiation portées par de jeunes leaders apparaissent comme des signaux forts d’un changement de posture. Si les griefs persistent, la dynamique enclenchée laisse entrevoir une lueur d’espoir : celle d’une ville qui, enfin, aspire à reconstruire la confiance et à replacer le dialogue au cœur de son avenir.
À Siguiri, le bruit des pierres semble s’éteindre, laissant place à celui des mots. Reste désormais à savoir si ces paroles ouvriront, cette fois, les portes d’une paix qui ne soit pas seulement annoncée, mais réellement vécue.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



