Longtemps tolérée dans les quartiers et aux abords des routes, la vente informelle de carburant se retrouve désormais sous les projecteurs de la justice.
Ce lundi 15 juin 2026, le Tribunal correctionnel de première instance de N’Zérékoré a ouvert le procès de sept personnes poursuivies pour trafic et vente illégale de carburant, signe d’un durcissement des autorités face à un phénomène qui a pris une ampleur inquiétante.
À la barre, les prévenus ont livré le récit d’une activité devenue banale dans la région. Maningbè Kourouma et Makoura Kourouma ont reconnu revendre de l’essence achetée dans les stations-service, profitant d’une prétendue pénurie pour répondre à une demande grandissante.
Mais derrière ce commerce de proximité se cache une réalité plus sombre. Les autorités y voient désormais une menace pour l’ordre public et la sécurité des populations. Le carburant est souvent conservé dans des maisons, des boutiques ou des entrepôts improvisés, sans aucune mesure de protection.
Cette audience intervient alors que la région est encore sous le choc du drame de Kpèlè-Koly, dans la préfecture de Lola. Le 9 juin dernier, une explosion suivie d’un incendie a coûté la vie à Massogbè Condé, mère de sept enfants, alors qu’elle manipulait du carburant à son domicile.
Le sinistre a également détruit d’importants biens matériels et réduit en cendres plusieurs dizaines de millions de francs guinéens.Pour la justice, cette tragédie illustre les dangers d’un commerce qui prospère dans l’ombre des circuits officiels.
Le procès ouvert à N’Zérékoré apparaît ainsi comme bien plus qu’une simple affaire de vente sans autorisation : il marque la volonté des autorités de s’attaquer à une activité devenue un véritable risque collectif.

À travers ces poursuites, c’est tout le marché noir du carburant qui se retrouve symboliquement sur le banc des accusés. Un message fort dans une région où la pénurie continue d’alimenter un commerce aussi rentable que potentiellement mortel.
Moussa Moïse Camarawww.gbaikandjamana.org




