L’opération de déguerpissement se poursuit dans la capitale guinéenne. Ce vendredi, les engins lourds étaient déployés à Sangoyah, dans la commune de Matoto, où plusieurs concessions ont été affectées.
Sur place, une scène particulièrement poignante a retenu l’attention des riverains et des témoins : une mosquée et une école ont été touchées par l’opération, sous le regard impuissant du premier imam du lieu, visiblement bouleversé.

Au micro de notre reporter Elhadj Aboubacar Camara, l’imam a lancé un appel direct au président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, plaidant pour la clémence.
« Je suis le premier imam de cette mosquée. En même temps, c’est mon école que vous voyez ici. Il n’y a qu’une concession à côté. Détruire ces lieux, c’est me réduire à néant et ruiner toute ma vie. Je sollicite la clémence du président. Je ne connais que cet endroit et nulle part ailleurs. Que le président ait pitié de moi », a-t-il déclaré, les larmes aux yeux.
Poursuivant son intervention, l’imam a rappelé son soutien au chef de l’État, tout en dénonçant les décisions prises sur le terrain :
« Nous avons voté pour lui, qu’il ne nous fasse donc pas du mal. Ceux qui lui conseillent de faire cela l’induisent en erreur », a-t-il lancé avec émotion.
Ce témoignage relance le débat sur les conséquences humaines et sociales des opérations de déguerpissement en cours à Conakry, notamment lorsqu’elles touchent des lieux de culte et d’éducation, au cœur de la vie communautaire.

Ahmadou Djogo, pour www.Gbaikandjamana.org



