Le village de Bagafèa, dans la préfecture de Mandiana, a vécu ce vendredi 3 avril 2026 une journée historique et profondément émouvante.

Des milliers de personnes venues de divers horizons ont convergé vers cette localité de la Haute-Guinée pour accompagner à sa dernière demeure Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de Toumba, ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, décédé le 25 mars dernier à Conakry.

Dès les premières heures de la matinée, une foule impressionnante composée de parents, proches, autorités locales, notabilités, anonymes et curieux s’est mobilisée pour rendre un ultime hommage au défunt.
La première prière funèbre a été dite à 8 heures à Mandiana, avant que le cortège ne prenne la direction de Bagafèa, son village natal, où une seconde prière a précédé l’inhumation.

Sur place, l’atmosphère était particulièrement lourde, marquée par le recueillement, les larmes et les témoignages de ceux qui ont connu l’homme au-delà de son parcours public.
« Nous accompagnons aujourd’hui notre frère pour son dernier voyage. Sa disparition est une perte immense pour le Wassolon et pour toute la Guinée », a confié un proche, submergé par l’émotion.
Même tonalité du côté du président du Wassolon Bolomba, qui a insisté sur la portée symbolique de cette disparition :
« Ce que nous enterrons aujourd’hui dépasse la personne. C’est une page de notre histoire qui se referme. »
Dans son village natal, plusieurs habitants ont également tenu à rappeler l’attachement profond de Toumba Diakité à ses origines, à sa culture et à l’idéal d’unité du Wassolon.
« Il portait en lui l’idéal d’un Wassolon uni et restait fidèle à ses valeurs », a témoigné un ressortissant de la localité.
La cérémonie, dirigée par les autorités religieuses et coutumières, s’est déroulée dans le respect des traditions, mêlant harmonieusement rites coutumiers et pratiques islamiques. À travers les prières et les interventions, un même message est revenu : accepter la volonté divine et implorer le repos éternel pour l’âme du disparu.
Au-delà de l’hommage rendu à l’homme, ces obsèques ont surtout révélé la solidité des liens communautaires et l’attachement profond des populations aux figures qui ont marqué leur histoire, quelles que soient les controverses ou les interprétations.
Fait notable : contrairement aux inquiétudes de certains observateurs, l’inhumation de Toumba Diakité s’est déroulée sans aucun incident majeur, dans un climat de calme, de discipline et de dignité, salué par de nombreux participants.
Ce vendredi, Bagafèa n’a pas seulement enterré un fils du terroir : le village a incarné, le temps d’une journée, une Guinée rassemblée dans le silence, le respect et l’émotion. Avec la disparition de Toumba Diakité, c’est une figure qui s’éteint, mais aussi un pan sensible de l’histoire nationale qui rejoint la mémoire collective.

Mandiana/Ibrahima Sidibé pour le www.Gbaikandjamana.org



