Une violente confrontation a opposé, dans la matinée du mardi 05 mai, les habitants de Banankoro (sous-préfecture de Faralako) à ceux de Balandou (sous-préfecture de Morodou), faisant au moins six blessés graves, selon des sources locales concordantes.

Les heurts ont éclaté aux environs de 10 heures entre ces deux villages riverains du fleuve Sankaranin, situés à une trentaine de kilomètres de la commune urbaine de Mandiana. Rapidement dépassée par l’intensité des affrontements, la situation a nécessité l’évacuation en urgence des blessés vers l’hôpital préfectoral, où ils sont actuellement pris en charge en soins intensifs.

À l’origine de cette flambée de violence : un différend persistant autour du partage des revenus issus de l’exploitation du sable, une activité devenue stratégique pour les économies locales. Selon plusieurs témoignages, ce contentieux, latent depuis plusieurs mois, aurait franchi un seuil critique lorsque des jeunes de Balandou, armés de gourdins et d’armes blanches, ont traversé le fleuve pour revendiquer leur part des ressources.
« Ils sont venus en groupe pour exiger leur droit sur l’exploitation du sable. La situation a rapidement dégénéré », confie une autorité locale de Banankoro, évoquant une altercation qui s’est transformée en affrontement généralisé.
Du côté des autorités sécuritaires, la réaction n’a pas tardé. Le commissaire central de police de Mandiana, le colonel Ibrahima Kéoulén Traoré, a confirmé le déploiement d’une mission de maintien de l’ordre. Quinze jeunes, identifiés comme originaires de Balandou, ont été interpellés et sont actuellement auditionnés dans le cadre de l’enquête ouverte.
Si le calme est revenu dans la zone en fin de journée, la situation reste fragile. Les autorités administratives et sécuritaires multiplient les appels à la retenue, tout en promettant de faire toute la lumière sur les responsabilités.
Au-delà de cet épisode de violence, c’est toute la question de la gestion équitable des ressources locales qui ressurgit. À Mandiana comme ailleurs, l’exploitation artisanale, lorsqu’elle échappe à un encadrement clair, devient un terrain fertile pour les conflits. Faute de mécanismes de partage transparents, le sable du Sankaranin pourrait continuer à charrier bien plus que de simples grains : des tensions prêtes à resurgir à la moindre étincelle.

Mandiana/ Ibrahim Sidibé pour le www Gbaikandjamana.org



