À Siguiri, ville guinéenne frontalière du Mali, les répercussions de l’insécurité dans le pays voisin se font désormais sentir avec acuité sur les circuits commerciaux. La semaine dernière, une attaque attribuée à des groupes armés a perturbé les flux d’approvisionnement, plongeant commerçants et ménages dans une situation économique préoccupante.
Au parc de vente de bétail, habituellement animé, le constat est frappant : la rareté domine. Les enclos sont presque vides, conséquence directe du blocage des convois en provenance du Mali, principal fournisseur de la zone.
« Ce matin, il n’y a presque pas de bœufs au marché », alerte Aboubacar Doumbouya, commerçant de bétail. « Nous demandons à la population de Siguiri de prier pour la paix au Mali, car c’est de là-bas que viennent nos animaux. Les achats effectués le jour de l’attaque ne sont toujours pas arrivés. Nous sollicitons également l’appui des autorités pour nous assister. Actuellement, le peu de bétail disponible se négocie entre 15 et 25 millions de francs guinéens », explique-t-il.
secteur du bétail. Dans les marchés, les femmes vendeuses de denrées alimentaires font face à une flambée généralisée des prix, alimentée par la hausse des coûts de transport et la raréfaction des produits importés du Mali.
« L’instabilité au Mali a entraîné une augmentation des prix de toutes les marchandises, y compris le transport », témoigne Djènè Sacko, vendeuse de légumes. « Aujourd’hui, le sac de piment coûte 800 000 GNF, l’aubergine 550 000 GNF et le soumbara 450 000 GNF. Nous ne savons plus comment faire face. Les enfants sont à notre charge. Nous demandons l’aide des autorités pour soutenir nos familles », lance-t-elle.
Dans cette zone frontalière fortement dépendante des échanges transfrontaliers, chaque secousse sécuritaire se répercute immédiatement sur les marchés locaux. La situation actuelle met en lumière la vulnérabilité des économies locales face aux crises régionales.
Si aucune mesure d’urgence n’est rapidement engagée pour sécuriser les approvisionnements et soutenir les acteurs économiques, Siguiri pourrait voir s’installer durablement une crise des prix et du pouvoir d’achat, avec des conséquences sociales de plus en plus lourdes pour les populations.
Dans l’attente d’une stabilisation au Mali, c’est tout un équilibre économique qui vacille à Siguiri, rappelant que la paix, au-delà des frontières, reste un facteur essentiel de survie pour les communautés locales.

Siguiri/ Sekou Mariame Diallo pour le www.Gbaikandjamana.org



