Dans le secteur de Ködjou, relevant du district de Djinko, à environ 40 kilomètres de la sous-préfecture de Naboun et 170 kilomètres de la commune urbaine de Siguiri, les populations vivent une situation sanitaire préoccupante. Au poste de santé local, des femmes enceintes sont contraintes d’accoucher à même le sol, faute de lits d’hospitalisation et d’équipements médicaux adéquats.

Les images recueillies sur place témoignent d’une réalité difficile à imaginer au XXIᵉ siècle. Dans une salle d’accouchement sommaire aux murs dégradés, des nattes, des plastiques et des lits artisanaux servent de support aux patientes. Les perfusions sont suspendues à des installations de fortune, illustrant le manque criant de matériel médical dans cette localité reculée.

Selon les habitants, le poste de santé a été construit grâce aux efforts de la communauté elle-même. Cette initiative est née de la multiplication des décès enregistrés autrefois en raison de l’éloignement des structures sanitaires et de l’état catastrophique des routes.
Ködjou est aujourd’hui un secteur particulièrement enclavé, pratiquement coupé du reste du pays. Aucun réseau téléphonique n’y fonctionne et un seul agent de santé assure la prise en charge d’une population estimée à plus de 10 000 habitants.

L’évacuation des malades constitue également un véritable parcours du combattant. En l’absence de véhicules et face à des pistes souvent impraticables, les cas d’urgence sont transportés à moto vers d’autres structures sanitaires.
« Quand une femme est en travail difficile, nous n’avons souvent d’autre choix que de la transporter à moto. Parfois, les motos tombent en cours de route. Nous vivons dans la peur permanente de perdre une mère ou un enfant. Nous demandons simplement des lits, du matériel médical et une meilleure route pour sauver des vies », Malick Sangaré citoyen de Ködjou.

Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur l’accès équitable aux soins de santé dans les zones rurales. Alors que la santé maternelle demeure une priorité affichée par les pouvoirs publics, les populations de Ködjou continuent de faire face à des conditions qui mettent quotidiennement en danger la vie des femmes enceintes et des nouveau-nés.

Les habitants lancent un appel pressant aux autorités administratives, sanitaires ainsi qu’aux partenaires au développement afin qu’une réponse urgente soit apportée à cette crise silencieuse.
À Ködjou, donner la vie ne devrait pas être un combat contre la pauvreté des infrastructures. Chaque femme a droit à un accouchement digne et sécurisé. Tant que des mères continueront d’accoucher sur des plastiques étendus à même le sol, loin des équipements les plus élémentaires, c’est toute la conscience collective qui restera interpellée.
L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action pour sauver des vies.

Siguiri/ De retour de Ködjou Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Tel:+224/ 622-18-39-60





