La Journée internationale des droits des femmes, célébrée normalement le 8 mars, a été commémorée en différé à Kankan, ce mercredi 15 avril 2026, en raison de la période du carême chrétien et du Ramadan.

Placée cette année sous le thème : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », la cérémonie s’est tenue à la Maison des Jeunes de Kankan, en présence des autorités locales, des organisations féminines, des femmes militaires, des groupements de femmes, ainsi que des représentants de plusieurs institutions.
Dans une ambiance festive, les participantes ont pris part à des échanges et activités axés sur la place de la femme dans la société et les défis liés à la promotion de ses droits.

Dans son discours,Fanta Cissé du Bureau régional du Conseil National des Femmes et Filles de Guinée (CNFG) à Kankan a rappelé que cette journée est non seulement une célébration, mais également une occasion de réfléchir aux progrès réalisés et aux défis à relever.
La représentante a rendu hommage aux pionnières guinéennes telles que Mafori Bangoura, M’Balia Camara, Jeanne Martin Cissé, et bien d’autres, avant de souligner que les femmes continuent de lutter pour l’égalité, la reconnaissance de leurs droits et la fin des violences basées sur le genre.
« Cette journée n’est pas seulement un moment pour célébrer les grandes figures historiques, mais aussi toutes ces femmes qui œuvrent au quotidien dans les foyers, les écoles, les hôpitaux et les associations », a-t-elle déclaré.
Profitant de la tribune, le CNFG-Kankan a formulé plusieurs plaidoyers, notamment :
un accès réel au financement adapté aux activités des femmes ;
des équipements modernes et des formations techniques pour améliorer la productivité ;
la gestion de la divagation des animaux et des problèmes d’eau ;
la construction d’infrastructures de transformation dignes, hygiéniques et adaptées ;
l’accessibilité de la justice pour toutes les femmes et filles, ainsi que la mise en place d’une clinique d’aide juridique ;
la participation des antennes du CNFG aux sessions communales et aux conseils d’administration préfectoraux ;
la poursuite de l’octroi de subventions aux structures féminines.
La représentante a insisté sur l’importance de l’autonomie économique des femmes dans le développement du pays.
« Être une femme autonome ne signifie pas être contre l’homme. C’est marcher debout à ses côtés pour bâtir la famille, le quartier et le pays. Lorsqu’une femme dispose de son propre revenu, elle nourrit, soigne et scolarise. Son autonomie est une force qui élève toute la société », a-t-elle souligné.
Dans son intervention, la responsable du CNFG-Kankan a également mis en avant l’impact direct des femmes dans le bien-être familial :
« Quand une femme contrôle des ressources, 90% retournent à la famille. Quand c’est l’homme, c’est 30% à 40%. Donc investir dans les femmes, c’est investir dans la sécurité alimentaire, dans l’économie nationale et dans l’avenir de nos enfants. »
Elle a conclu en rappelant que la lutte pour l’égalité n’est pas seulement un combat des femmes, mais un combat pour l’humanité toute entière.
Prenant la parole au nom de la Ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Madame Pauline Adeline Patricia Lamah, l’Inspecteur régional Mohamed Mariame Keita
a salué la forte mobilisation des femmes de Kankan, tout en souhaitant une bonne fête à toutes les femmes de Guinée.
Il a expliqué que la Journée internationale de la femme est une occasion de renforcer l’engagement collectif pour l’égalité et la justice.
Selon lui, le thème de l’édition 2026 repose sur trois axes majeurs :
Droits : garantir aux femmes et aux filles des droits légaux complets et équitables ;
Justice : construire un système judiciaire capable de protéger les femmes et de lutter contre l’impunité ;
Action : mobiliser la société civile et les autorités pour éliminer les inégalités.
Il a précisé que l’accès à la justice signifie l’existence de lois protectrices, mais aussi des institutions capables d’accompagner les femmes victimes de violences ou de discriminations.
« Une femme doit pouvoir dénoncer une injustice sans crainte. L’accès à la justice, c’est également une aide juridique accessible et abordable pour toutes les femmes et filles », a-t-il déclaré.
Les différents intervenants ont exprimé leur gratitude aux autorités régionales, préfectorales et communales pour leur accompagnement, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers.
Un hommage particulier a été rendu au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour les actions engagées en faveur de la promotion des droits des femmes en Guinée.
La cérémonie a pris fin à travers le panel , une ambiance de communion et d’espoir, avec un appel à renforcer les actions concrètes pour bâtir une société plus juste et égalitaire.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 et Ibrahima Yansané pour www.gbaikandjamana.org
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