Le président de l’Assemblée nationale ne doit pas être choisi en fonction de son appartenance ethnique.
L’ethnie est un faux débat et la compétence doit primer.En République de Guinée, ces choix nous ont beaucoup freinés. Des régimes l’ont fait sous prétexte d’un équilibre ethnique : un Peul, un Malinké, un Soussou ou un Forestier président de la République et président de l’Assemblée nationale serait mal vu. Un Peul président de la République et Premier ministre, et ainsi de suite.
Au regard de ces prétextes, une question se pose : qu’est-ce qui est bien vu en Guinée ? L’équilibre ethnique est-il promu en Guinée ? La haine des uns envers les autres, nourrie par une partie sombre de l’histoire mal interprétée du pays, fait que rien n’est bien vu dans ce pays.
La compétence doit primer.Personnellement, je pense que la Guinée a déjà dépassé ce stade, celui des calculs ethniques. Certains ont été ministres, présidents de l’Assemblée nationale, directeurs, pour ces prétextes, malgré l’absence de bilan, et ils ont servi durant des années pour ces mêmes raisons.
Nous devons regarder la Guinée, regarder ses besoins et y répondre en fonction des ressources humaines capables de satisfaire les aspirations du peuple, plutôt que de nous attarder sur les calculs ethniques, car tout État sérieux cherche l’équilibre entre les besoins exprimés par le peuple et les moyens disponibles pour y répondre, et non l’équilibre entre les ethnies pour promouvoir la paix, car cette paix absolue que nous recherchons en permanence n’existe pas en Guinée. La compétence doit primer.
Au regard de cette analyse, qui voulez-vous voir président de cette Assemblée nationale, sans considération ethnique, en tant que Guinéen tout court ? Cette fois-ci, à l’hémicycle, le choix du perchoir par les députés doit être fait sans considération ethnique et doit répondre aux besoins réels du peuple de Guinée sous toutes ses formes.

Dantouman Souleymane TRAORÉJournaliste, activiste et enseignant.




