Dans le district de Ködjou, relevant de la sous-préfecture de Naboun, préfecture de Siguiri, les populations vivent une réalité préoccupante : l’absence totale d’établissement scolaire.

Située à environ 40 kilomètres de Naboun et à 170 kilomètres de la commune urbaine de Siguiri, cette localité ne dispose ni d’école d’enseignement général ni d’école franco-arabe.
Face à cette situation, les habitants interpellent les autorités, les ONG, les opérateurs économiques et les personnes de bonne volonté afin de venir en aide à leurs enfants.

« Nous souffrons vraiment. Il n’y a aucune école chez nous à Ködjou, ni franco-arabe ni enseignement général. Nous voulons que nos enfants étudient comme ceux des autres localités. Il y a plus de 180 enfants à scolariser ici, mais nous n’avons aucun établissement scolaire », déplore Djigui Sangaré, habitant de la localité.

Selon lui, les citoyens ont tenté de trouver une solution provisoire en aménageant un espace couvert de bâches pour accueillir les cours. Une initiative qui n’a malheureusement pas abouti.
« Nous avons essayé d’aménager un endroit avec des bâches afin de permettre aux enfants d’avoir accès à l’école. Mais le premier enseignant communautaire qui est venu a expliqué qu’il ne pouvait pas enseigner sous cette chaleur. Il est reparti. Le second a fait la même chose », explique-t-il.

Dans cette localité où l’agriculture constitue la principale activité économique, les moyens financiers des habitants restent très limités.
« Chez nous, il n’y a pas d’argent. Nous demandons aux ONG, aux opérateurs économiques et à l’État de nous aider à construire une école afin de donner une chance à nos enfants. Nous-mêmes n’avons pas eu l’opportunité d’aller à l’école à cause de son absence dans notre village, et nous ne voulons pas que nos enfants connaissent le même sort », poursuit-il.
La distance qui sépare Ködjou de la sous-préfecture de Naboun constitue également un obstacle majeur à la scolarisation des enfants.
« Entre Ködjou et Naboun, il y a 40 kilomètres. On ne peut pas demander à de petits enfants de parcourir une telle distance pour aller à l’école. Et même s’ils y arrivaient, à quelle heure rentreraient-ils à la maison ? Sans compter que toutes les familles n’ont pas des proches à Naboun pour héberger leurs enfants », souligne Djigui Sangaré.

L’absence d’éducation a également des répercussions sur la vie quotidienne des habitants.
« Parfois, lorsque nous voulons passer un appel téléphonique, nous ne trouvons même pas quelqu’un capable de nous aider à rechercher un contact dans un téléphone. Cela montre les conséquences du manque d’instruction dans notre communauté », regrette-t-il.
À travers cet appel, les habitants de Ködjou espèrent attirer l’attention des décideurs sur le sort de plus de 180 enfants qui grandissent sans accès à l’éducation. Pour eux, la construction d’une école n’est pas seulement une infrastructure de plus, mais une porte ouverte vers l’avenir.
« Sauvez nos enfants pour qu’ils ne deviennent pas comme nous. Donnez-leur la chance d’apprendre, de lire, d’écrire et de construire leur avenir. » Un appel poignant qui résonne aujourd’hui comme un véritable cri de détresse venu des profondeurs de la Guinée rurale.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Tel: +224/623-18-39-60




