À Léro, district relevant de la sous-préfecture de Siguirini dans la préfecture de Siguiri, l’école primaire publique Général Lansana Conté traverse une crise silencieuse mais profonde. Dépourvue de mur de clôture, l’enceinte scolaire est aujourd’hui ouverte à tous les vents… et à tous les usages, au détriment de sa mission éducative.

Sur place, le constat est sans équivoque : la cour de l’école, censée être un espace d’apprentissage et d’épanouissement, est progressivement détournée. Elle sert à la fois de terrain de football improvisé, de gare routière informelle et de zone de commerce. Un mélange de fonctions qui crée un environnement chaotique, peu compatible avec les exigences pédagogiques.
« L’école n’est pas clôturée. Les élèves sont exposés. Les véhicules et les motos circulent dans la cour », alerte le directeur, Amadou Fanta Condé.

Cette proximité dangereuse avec la circulation n’est pas sans conséquences. L’année dernière, un élève a été violemment percuté par un véhicule à l’intérieur même de l’enceinte. Aux heures de récréation, les enfants, faute d’espace sécurisé, débordent sur la route, s’exposant davantage aux risques d’accidents.

Parallèlement, les nuisances sonores s’intensifient. Entre les klaxons, les moteurs et les cris liés aux activités sportives, les cours sont régulièrement interrompus. « Le ballon heurte souvent les tôles des salles de classe, et la poussière envahit les salles », déplore le directeur.
Chaque lundi, jour de marché et de forte affluence, la situation devient encore plus critique. Des véhicules s’installent dans la cour de l’école, transformant les lieux en véritable point de stationnement anarchique. Le va-et-vient incessant perturbe sérieusement le déroulement des enseignements. « C’est la première fois que je vois une école transformée en gare routière en Guinée », s’indigne le responsable.
À cette pression s’ajoute une occupation commerciale incontrôlée. Des kiosques et vendeurs se sont installés dans l’enceinte, créant une cohabitation difficile avec l’administration scolaire. « Nous passons toute la journée avec les commerçants. Cela devient épuisant », confie-t-il
Dans ce contexte, enseignants et élèves évoluent dans des conditions précaires, où la concentration, la discipline et même la sécurité ne sont plus garanties.
À Léro, l’école ne manque ni d’élèves ni d’enseignants — elle manque d’espace protégé.
Tant que cette enceinte restera sans limites, l’éducation continuera de se heurter au désordre, et apprendre restera, pour ces enfants, un combat quotidien.

De retour de lero Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



