À Nafadji Frontière, dans la sous-préfecture de Banko a 50 km de la commune urbaine de Siguiri, la situation sanitaire inquiète et interpelle.

Le président du district, Kadia Adama Camara, dresse un constat sans détour : le poste de santé local, vétuste et sous-équipé, ne répond plus aux besoins d’une population estimée à plus de 3 000 habitants.

Selon lui, l’infrastructure actuelle remonte à la fin des années 1980, construite à l’époque par la société ORS dans le cadre d’un projet agricole. « Nous étions encore enfants lorsque ce bâtiment a été réalisé », rappelle-t-il.

Face à la croissance démographique et aux besoins accrus, les autorités locales ont pris l’initiative, en 2013, de construire une maternité grâce aux efforts du district. Mais faute de moyens, ce nouveau bâtiment reste à ce jour sans équipements.
« Nous lançons un appel solennel aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour nous aider à équiper cette maternité, voire à construire d’autres infrastructures adaptées », plaide Kadia Adama Camara. Le manque de matériel est criant : aucun dispositif moderne de diagnostic, si ce n’est quelques tests rapides (TDR), et une capacité très limitée de prise en charge.

La situation des ressources humaines est tout aussi préoccupante. Le poste de santé ne dispose que d’un seul agent soignant, assisté par une femme du district faisant office de sage-femme. Une équipe manifestement insuffisante pour couvrir les besoins d’une population aussi importante.

À ces difficultés s’ajoute l’enclavement du district. L’état dégradé de la route reliant Nafadji à Siguiri et à Banko complique fortement l’évacuation des malades, surtout en saison des pluies. « C’est un véritable calvaire », insiste le président du district. Face à l’urgence, les habitants se tournent souvent vers les localités maliennes voisines, situées à seulement trois kilomètres, où les structures de santé sont mieux équipées.
Dans les cas critiques, les patients – y compris les femmes enceintes – sont transportés à moto, voire en pirogue avec l’aide de pêcheurs, pour traverser la frontière et accéder à des soins adéquats.
À Nafadji Frontière, se soigner relève parfois d’un parcours à haut risque. Entre infrastructures défaillantes, manque de personnel et isolement géographique, la santé des populations dépend aujourd’hui d’un sursaut urgent des autorités et des partenaires.
Faute d’intervention rapide, chaque urgence médicale continuera de se jouer entre espoir et improvisation, au prix de vies humaines.

De Retour de Nafadji Frontière Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjalana.org
Tel: 623-18-39-60



